LES PARISIENNES DU SECOND EMPIRE. 247
lion du jour et pouvoir décemment en parler. Apeineau sortir de Notre-Dame, les âmes pieuses n’allaientpoint revêtir le cilice à pointes de fer, ni dormir surla cendre ; elles se rendaient aux Italiens applaudirla Patti, ou bien aux Variétés admirer la diva Hor-tense Schneider et ses grâces légèrement chahu-tantes dans la Grande-Duchesse de Gerolstein, àmoins qu’elles n’allassent à la Biche au bois s’émer-veiller des folles splendeurs de mise en scène d’uneféerie; après cela, on courait souper avec des bé-casses aux truffes et se mortifier au champagne.
Le carême était donc généralement le plus fou etle plus brillant des carnavals. — A Pâques, les salonsne fermaient pas encore; on annonçait de semaineen semaine les dernières soirées de l’hiver, et c’étaittoujours à recommencer; — chez M mo de Saint-Agamemnon, — écrivaient les courriéristes — der-nière soirée de l’hiver, on y entendra Fraschini.
— Chez la princesse Labribescoff, dernière soi-rée : on y jouera un proverbe d’Octave Feuillet.
— Chez le banquier W.... dernière soirée : on yessayera, sur une table à thé, une machine à vapeurqui doibdéffoter tout ce qu’il y a de connu sur leschemins de fer.
— Chez le major autrichien Zinzermann..., en-core irrévocablement dernière soirée de l’hiver...,on y imitera Thérésa.
Ainsi partout, fêtes de jour et fêtes de nuit.