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LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.L’hippodrome de Longchamps avait repris une voguenouvelle ; on attendait le Grand Prix avec anxiété ;Gladiator et Fille de l’air donnaient pour ainsi direun nouvel essor aux modes ; puis le Grand Prix deParis marquait l’heure extrême des réceptions etannonçait les plaisirs de la villégiature ; — on faisaitla statistique des courses, calculant le gain du comtede Lagrange, de M. Delamarre, du baron Finot, deCharles Laffîte ou de M. Achille Fould. Le GrandPrix de Paris remplaçait l’ancienne promenade deLongchamps ; on y voyait défiler toutes les excentri-cités du costume, se produire les toilettes nouvelles,les voitures du dernier genre, les beautés du mondeet les élégantes du demi-monde : actrices de salon etactrices de théâtre, toute la comédie humaine s’yjouait avec un grand luxe de représentation. Cen’était que femmes et que fleurs, grâces et sourires.— Le soir de ce grand jour solennel, Mabille étaitlittéralement assiégé.
« Les dames de l’Empire, écrit Arsène Houssayedans ses curieuses et brillantes Confessions 1 , furentune pléiade éblouissante, toutes douces de beauté,de charme et d’esprit, — plus ou moins. — Qui endoutera quand je dirai les noms de la duchesse deMouchy, la comtesse de Saulcy, la baronne de Ya-try, la comtesse Walewska, la duchesse de Persigny,
1. Les Confessions, souvenirs d’un demi-siècle (1830-1880), par ArsèneHoussaye, t. IV.