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LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
vénitiennes ! — On a brûlé les Tuileries, on danseencore à l’Élysée, mais le cotillon est mort. Oùsont-ils, d’Aiguesvives, Castelbajac, Jaucourt? DeCaux lui-même, qui pirouette encore sur son talonrouge, n’entrerait plus dans un cotillon, même si lafauvette Adélina chantait à l’orchestre. Oui, oncotillonne encore, mais qui donc conduit le cotillon?C’est que l’escadron volant ne vole plus, la comtesseWalewska pleure sa tille; la princesse de Metter-nich, cette Parisienne, est redevenue Viennoise. Onvoit encore passer, dans leurs beautés mûries, lacomtesse de Pourtalès et ses amies; mais combiende figures dans les demi-teintes qui ont rayonné sousle soleil de la Cour ! — Le général Fleury ne secontentait pas d’avoir la meilleure table de l’Empire,il inaugura des fêtes fabuleuses qui rappelaient l’an-cienne cour de France sous M m0 de Montespan, sousM me de Pompadour, sous Marie-Antoinette. Il miten scène, à l’hôtel d’Albe, les quatre éléments : cen’était pas trop pour recevoir l’Impératrice et sonDécaméron. Ce fut un enchantement. Le généraln’avait pas permis qu’une femme mal dessinée etmal étoffée par la nature défigurât ses bals légen-daires. On avait fait comprendre aux petites bour-geoises de la Cour que ce n’était pas leur jour de sedécolleter, si bien que toutes les élues formaient unecompagnie, je ne dirai pas invincible, mais irrésis-tible. C’était charmant de voir batailler au cotillon,