LES PARISIENNES DU SECOND EMPIRE. 251
le feu et l’eau, le ciel et la terre, comme deuxsiècles plus tôt au palais de Versailles. On s’amu-sait tant alors que l’Empereur lui-même, qui plusd’une fois a joué le rôle de l’ennui dans les fêtes desTuileries, dansait gaiement avec la princesse Ma-thilde, quand le prince de Metternich ou le princede Croy dansait avec l’Impératrice. On avait sup-primé les volcans.
« Et toute cette jeunesse expansive, parce qu’elleéclatait en verve et en esprit et en passion, où est-elle éparpillée? se demande Arsène Houssaye. —Aux quatre coins du monde et des mondes. Saint-Maurice, Finot, La Redorte? Le prince d’Orange,Caderousse, Rivoli, Heckeren, Massa, Ezpeletta,sans oublier les figures plus ou moins méditatives,mais toujours ouvertes : Morny, La Valette, Persi-gny, Girardin, Laferrière, Nigra, Mérimée, Fleury,Edgar Ney, Corregliano, Pisani? — Pourquoi ne pasciter Troplong, qui aimait les plaisirs des autres etqui aurait pu écrire le code de la société polie ?C’était fête partout; chez la duchesse de Morny,chez la duchesse de Bassano, chez la comtesse Wa-lewska, chez M m0 de la Pagerie, chez la duchessed’Albe, chez les ministres, chez les sénateurs. Qued’argent jeté à propos par la fenêtre! Aussi la Seinese pactolisait; on était riche jusque dans les fau-bourgs, parce que toutes les fées du travail étaient àl’œuvre... Aujourd’hui, on ne jette rien par les