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LES PARISIENNES. DU SECOND EMPIRE. 253
pereur regagnait les Tuileries dans le poudroiementd’un soleil couchant. — Émile Zola, dans la Curée
— un de ses meilleurs livres, et peut-être le moinsconnu ou le moins apprécié, — a laissé une pagemagistrale sur ces splendeurs des Champs-Elyséesaprès une journée aux courses de Longchamps. —Nous le revoyons en pleine vie, ce Paris des lorettes,des tilles, des partageuses, des rastaquouères, à cetteépoque de son extravagance, et ses émerveillements,
— en 1867, — à cette heure où le boulevard n’étaitplus que le passage des Princes et où flamboyaitpartout l’enseigne pantagruélique que Rabelais mitau fronton de son immortel et colossal monument :Vivez joyeux.
Ce boulevard encombré de promeneurs et depromeneuses, nous le revoyons en pensée comme cekaléidoscope dont parle Delvau, où les objets et lespersonnages, diversement, mais toujours pittores-quement colorés, changeaient à chaque pas et àchaque instant, et où toute la société parisienneavait ses représentants, depuis la duchesse jusqu’àla cocotte ; depuis l’artiste jusqu’au cocodès ; depuisl’homme de lettres jusqu’au boursier ; depuis le ren-tier jusqu’au voyou ; depuis le mendiant jusqu’aubourgeois ; depuis l’ouvrier jusqu’à l’oisif ; depuisenfin Turcaret jusqu’à M. Prudhomme. Tout cemonde aspirait au chic, à l’élégance et au galbe, auxbonnes fortunes et aux délices épicuriennes. Nous