LES CONTEMPORAINES.
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nos concitoyennes et, à côté, de certaines femmesqui ne sont que des étourderies de la nature. Nouspensons avec Goldsmith que la vierge modeste,l’épouse raisonnable, la mère prudente sont biensupérieures à toutes les femmes qui fixent l’atten-tion du monde, à toutes les héroïnes de romans dontla seule occupation est d’assassiner l’humanité avecles flèches de leur esprit ou les regards de leursbeaux yeux. — Nous avons pu, dans un précédentouvrage, parler sans détour de la Parisienne mo-derne 1 , nous avons envisagé physiologiquementcette aristocratie féminine qui ne se trouve en sonvrai milieu que dans la grande cité ; aujourd’hui,nous ne saurions revenir sur ce sujet et nous n’envi-sagerons nos contemporaines qu’au point de vuespécial de la psychologie et du goût, tout en nouspermettant un très sobre résumé des circonstancesdiverses qui ont principalement favorisé l’éclosiondes mœurs du jour.
Ce culte de la femme, culte idéalisé dans un pa-ganisme plein de politesse et d’urbanité et qui seprofessait à l’autel de la beauté par mille hommagesdiscrets, d’une exquise galanterie, ce culte que com-prenait si bien « l’honnête homme » des anciennesCours, n’est malheureusement plus de notre temps.La femme de cette fin de siècle règne despotique-
1. Son Altesse la Femme. Paris, Quantin, 1885.
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