rejetée en arrière, elle dégageait l’oreille? En dehors de ces épithètes, plus d’une de cescoiffures portait simplement le nom de celle qui l’avait imaginée.
En somme, l 'altière fontange, selon l’expression empruntée à Boileau, était un bonnet garnid’une haute passe façonnée en rayons; le fond de ce bonnet s’appelait la culbute; les cor-nettes étaient les pattes pendantes. Les cheveux, comme on peut le voir, formaient des entas •sements de boucles disposées de différentes manières, reliées à la coiffure par des épingles àtêtes de diamant, firmaments, guêpes, papillons, dont on enrichissait la dentelle même dubonnet. Le véritable règne de la fontange commença à la fin du XVII e siècle.
Parmi ces spécimens, le n° 3, costumé en déshabillé d’intérieur, porte la coiffure plate etnégligée, le battant-l'œil. Quant à la poudre blanche dont est couverte la chevelure de ladame n° 6, l’usage n’en remonte pas au delà de 1703.
Toutes les femmes d’alors se fardaient le visage avec une exagération incroyable. Le fardblanc et rouge, que Catherine de Médicis avait apporté d’Italie, avait dès ce temps faitfortune en France, mais l’usage n’en avait pas encore été poussé à outrance comme il le futà cette époque-là. Le rouge d’Espagne que l’on employait était flamboyant. Ce vermillonterrible ayant l’inconvénient de jaunir tout ce qui l’environnait, on se résolut à être jaune :on ne pouvait se dispenser d’en user sans paraître pâle. Mais les fardements ne s’arrêtaientpoint là; outre qu’ils n’excluaient pas l’usage de l’antimoine pour la peinture des yeuxque l’on voulait simuler grands et fendus comme en Orient, on se couvrait encore la face deces morceaux d’étoffes gommées en dessous de soie, de velours, de satin ou autre taffetasnoir, taillés en rond, en cercle, en étoile, en demi-lune, que l’on appelle des mouches. Ellesétaient de dimensions inégales. Celle qui fut portée à la tempe et reçut le nom d 'enseigne dumal de dents , était grandô comme une emplastre, dit l’auteur des Lois de la galanterie française,publiées en 1644. Parfois les mouches offrent des figures très compliquées, telles que celleque l’on voit sur un portrait d’une duchesse de Newcastle, qui porte au iront une voitureattelée de quatre chevaux (Rimmel, Livre des parfums). On attribue au désir de dissi-muler des boutons sur la peau, l’invention de cette singulière parure dont les hommes usèrentaussi, mais avec plus de discrétion que les dames. Quoi qu’il en soit, à la fin du XYII e siècleet dans la première partie du XVIII e , les mouches étaient devenues le complément indis-pensable de la parure de visage d’une femme de condition. On les semait, selon le caprice,en quantité incroyable.
Deux des dames représentées portent des bouquets, l’une à la main, l’autre de côté auhaut du corsage, où il était d’usage de le placer; c’étaient souvent des fleurs artificielles.Toutes sont parées du collier de perles blanches à un seul rang, Y esclavage de perles,comme on l’appelait encore au XVIII e siècle. On estimait ces perles assorties à leur grosseur,au point que celles qui ne pouvaient se procurer cette coûteuse parure préféraient les faussesperles aux petits colliers qui n’étaient pas dans le goût du jour. Les véritables étaient unobjet d’envie et la Bruyère parle d’une femme qui, par son collier de perles, s’était fait des