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Tome VI.
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des grands jours de fête où, à Londres comme à Paris, on était dans l’usage de joncher deverdure fraîche les planchers des appartements, ainsi que les églises et les chemins des pro-cessions ? Ce n’était plus dans ce cas le Fouarre! Foiiarre! isolé, de ceux qui vous montaientune hotte de paille pour vous aider à calfeutrer les murailles d’une maison mal construite, lesparquets de sapin disjoints; caries Jonchures dejugliaux se criaient partout en même temps : c’é-tait comme un chœur que le cri ; « Rushes green for ihefloor ! » les joncs verts pour les planchers ;dont on « pavülait » aussi les murs, selon l’expression normande, en empruntant en mêmetemps des parfums à la « rosemary and lavander », la marchande de romarin et de lavande, quin’eût eu garde de rester muette dans l’immense liourvari que dominaient, en quelque sorte,les cris « fendant l’âme et déchirant le cœur » dit Howard, qui descendaient des hautes fe-nêtres grillées des prisons et des hospices, où ceux que leur famille ne pouvait sustenter mou-rant de faim, ne se soutenaient que par l’aumône. Pour implorer le passant, les prisonniersfaisaient descendre dans la rue, à sa portée, de petits sacs pour qu’il y déposât des vivres : « Somebrolcen bread and méat for the poor prisoners / » Quelques miettes de pain et de viande pourles pauvres prisonniers ! « For the Lord’s salce pity the poor ! » Ayez pitié des pauvres pour l’a-mour de Dieu ! Et quand le cri lugubre : « Pour Dieu, du pain aux sachetles ! » restait sans écho,le cri circulait par la ville ; un des prisonniers, chargé de chaînes, et sous la garde d’un geô-lier, parcourait les rues et les marchés en criant l’humble requête : cc Aux pauvres 'es prisonsenserrés , pain ! » Le concert d’harmonie formé par les cris de Londres avait, on le voit, desparties fort distinctes.

En rapprochant ici des costumes populaires dont quelques-uns (nos cinq premiers numéros)sont distants de plus d’un siècle de tous les autres, nous avons voulu faire ressortir ce que, sousles transformations mêmes du costume, il peut y avoir d’immuable dans certains usages na-tionaux. Le chapeau couvre ici toutes les têtes, celles des hommes et celles des femmes, et quelsque soient l’âge et la condition parmi ces gens, des classes basses, comme on l’a vu de la co-quette marchande d’orange du seizième siècle, coiffée d’un chapeau de paille rond et à largesbords, de même et à tous les étages, qu’il s’agisse de la marchande d’almanachs ou de celle depudding du dix-huitième siècle, de la marchande de poisson ou de la laitière du dix-neuvièmesiècle, de la pêcheuse de crevettes ou de la lavandière, de la fille aux allumettes, de la tireusede cartes et même delà Gîpsy, dans ce pays où le soleil a cependant peu de force, toutes les têtesféminines sont sous le chapeau par-dessus le bonnet, au moins sous quelque capote.

Ce que l’xjn peut encore constater en examinant ces Anglais peints par eux-mêmes, c’estque le chapeau droit, à haute forme, ou plus ou moins tronqué bas, qui tout autre part estsurtout à l’usage des hommes, était porté en Angleterre par nombre de femmes du peuple ; enfinque le chapeau droit de haute forme est celui que le mendiant en cravate blanche tend aupassant, et que c’était aussi celui que l’on retrouve sur la tête du drayman comme sur celle dudécrotteur, sur la tête du facteur ainsi que sur le chef de l’appreiiti chaudronnier.