de la vie quotidienne. La pièce traditionnelle du costume est toujours une tunique longue,collante sur la poitrine, ne faisant point de plis aux basques ; aux manches d’ampleur variable ;au col droit, d’environ trois centimètres de hauteur. Elle était boutonnée au milieu de la poi-trine, du cou à la ceinture, et les basques se recouvraient de façon à ne pouvoir s’entr’ouvrir quedans une marche précipitée. Cette tunique c’est 1 ejoupane {zupan, nom qu’elle porte chez tousles Slaves occidentaux et méridionaux), dont la forme demeura immuable, ne variant quelque-fois qu’en longueur, mais atteignant généralement à la moitié du tibia. Il fut porté en Pologne,jusqu’au commencement de ce siècle, par les hommes de toutes les conditions, à la différencetoutefois de la couleur et du genre d’étoffe employée, conformément au rang et à la richessedu propriétaire. On ceignait sur 1 ejoupane une ceinture de cuir garnie d’une large agrafe ; pourla tenue solennelle la ceinture était de riche tissu d’or ou d’argent, ou même en orfèvrerie.Par-dessus cet habit on mettait un manteau, parfois doublé de fourrure, retenu par une bandeà agrafes armoriées, ou bien par l’agrafe seule sur l’épaule droite. Il était souvent pourvu d’uncapuchon (voir notre n° 5), et sous cette forme il peut être appelé manteau national ; il s’estencore conservé parmi les paysans dans plusieurs contrées de la Pologne. On employait deschaussures collantes ou bien des chaussures à lanières montant jusqu’au mollet ; elles étaientmunies d’éperons. Les personnes de la suite du prince Henri le Barbu ont un large fichu nouéau cou en guise de cravate, et ce détail du costume ne se rencontre en Pologne qu’à cette épo-que. On portait les cheveux rasés tout autour de la tête, un peu plus haut que l’oreille, coutumequi a son origine dans une cérémonie religieuse des Slaves païens, et qui fut presque géné-rale jusqu’à la fin du dix-huitième siècle. La chevelure avait ainsi l’aspect d’une calotte. Cepen-dant les princes portaient plus souvent les cheveux longs (voir aussi la planche ayant poursigne B couronné). Tantôt on laissait pousser la barbe, tantôt on ne conservait que les mous-taches, tantôt on se rasait entièrement.
Les joupams les plus anciens étaient d’abord gris et ensuite de couleur rouge : ponceau, ama-ranthe et cramoisi ou écarlate. La noblesse s’est ensuite réservé le privilège exclusif de porterdes vêtements de cette couleur, et le nom de karmazyn (équivalant à cramoisin) devint lesynonyme du mot gentilhomme. Cependant ce privilège était retiré à tout noble ayant commisun crime, ainsi qu’à ses descendants. Le port du sabre était inhérent à la qualité de gentilhomme.
Au quatorzième siècle le3 modes de l’Europe occidentale exercèrent une forte influence surle costume polonais. Ce furent les princes de la Silésie qui, se trouvant en relations fréquentesavec les cours d’Allemagne, y contribuèrent pour la plus grande part. Le morceau de toile enguise de chaussettes et la chaussure à lanières firent place à des haut-de-chausses d’une seulepièce, cousues, en drap, et à des souliers d’abord, à des bottes ensuite. Quelquefois le joupaneétait remplacé par une robe sans manches. D’autres changements secondaires eurent encorelieu, comme on le verra ailleurs.
Le costume des femmes de la noblesse consistait à l'origine en une longue robe, à manchesd’abord élargies aux extrémités (du dixième au treizième siècle), ensuite boutonnées j usqu’au