Le pantalon était très ample, sans atteindre toutefois les proportions démesurées du panta-lon oriental. Il s’enfonçait dans les bottes qu’il recouvrait de ses plis quelques pouces au-des-sus du genou. L’étoffe employée était le satin ou le damas, de préférence de couleur bleue ouamaranthe : la petite noblesse se contentait du drap. Les bottes se terminaient en une pointelégère; la tige, d’une largeur proportionnée à son rôle, ne faisait que deux ou trois plis au-dessus de la cheville. Pour l’usage domestique la botte était en cuir noir, mais en public unnoble ne paraissait jamais qu’en bottes de maroquin jaune ou rouge, tout uni (c’est par erreurque les chaussures jaunes de nos n 08 8, 10 et 12 ont été ornées de dessins). Le talon était garnien dessous d’un fer à cheval argenté ou même d’argent, tant pour sa conservation qu’en vued’une danse nationale, le mazur, où l’on accentue la cadence en faisant entrechoquer lestalons l’un contre l’autre.
Les vêtements que les nobles et les bourgeois portaient par-dessus le joupane offraient unegrande variété, mais, comme toujours, il faut établir à cet égard une distinction entre le vê-tement de la vie quotidienne et celui de cérémonie et d’apparat. La notice de la planche B Ncontient là-dessus des détails circonstanciés.
En ce qui concerne la planche dont nous nous occupons, le pardessus du n° 7 et celui duroi Batory (n° 8) est une chouba sans manches, doublée de fourrure et à col très large. Len° 12 en offre une variété rentrant à la taille. Le manteau du n' J 10 est la délia. Tous cesvêtements, doublés de fourrure, étaient exclusivement d’apparat. .
Ceux des n 0 ’ 3 et 4 présentent des variétés de la bekiècha, vêtement d’origine hongroise,introduit en Pologne sous le règne d’Etienne Batory, un des plus grands souverains de ce pays.Ce vêtement, rentrant un peu à la taille, était de quelques pouces plus long que le joupane,et boutonné au moyen de brandebourgs de soie ou bien de fils d’argent ou d’or mêlés desoie.
Le complément indispensable du costume du gentilhomme était le sabre, marque distinc-tive de la noblesse, car, en dehors d’elle, il n’y avait que les bourgeois de Cracovie et les ma-gistrats des municipalités de Posen et de Yilna qui eussent, en vertu d’anciens privilèges, ledroit de porter le sabre. Il était recourbé modérément et à garde découverte. On a fini parl’appeler Icarabéla, nom tiré de celui de la ville de Karbela ou Kerbela, à seize lieues deBagdad, ville où l’on a, pendant longtemps, fabriqué des sabres renommés, lie gentilhommepossédait habituellement au moins deux sabres : l’un pour la guerre, l’autre pour la parade.La Icarabéla de grande tenue était, à la mode orientale, l’objet d’un grand luxe : son four-reau, sa garde, ses lanières étaient ornés de pierreries et d’émaux. Les Polonais étaient trèssensibles à l’étiquette. En visite, après nombre de révérences et de choses flatteuses, il sepassait ordinairement un quart d’heure en prières d’une part et en protestations de l’autre,avant que le maître de la maison parvînt à décider son hôte à déposer sa karabela. Dans unefête ou réunion, à l’arrivée de chaque invité de quelque distinction, tout le monde s’empres-sait de ceindre l’épée, et on ne l’ôtait qu’après un nouveau cérémonial. Une touchante coutume