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Tome VI.
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Le Jcontousch, qui se mettait par-dessus 1 <î joupane et le dépassait un peu en longueur, étaitéchancré sur la poitrine de façon à laisser voir ce dernier, tout en étant garni d’une rangéede six boutons, mais les pans s’en croisaient légèrement à partir de la ceinture. Uni sur le de-vant, il faisait par derrière plusieurs plis assez amples, depuis la taille. Les manches, très largesde l’épaule au coude et se rétrécissant vers le poignet, étaient fendues par-devant sur toute lalongueur à partir de l’aisselle jusqu’à la moitié de l’avant-bras, et laissaient ainsi voir une par-tie de la manche àu joupane. On pouvait à volonté soit enfiler ces manches, soit les laisser pen-dre librement le long du bras après avoir fait passer celui-ci à travers la fente (voir notre n° 4),ou bien encore, ce qui était d’un port plus solennel, les rejeter dans le dos (voir notre n° 6) ; maiscette mode était en quelque sorte le privilège des nobles de l’âge d’homme et d’un rang plusélevé. Lorsque dans une dispute, un gentilhomme polonais a retroussé sa moustache et a rejetéen arrière les manches de son Icontousch, cela signifiait qu’il était prêt à tirer le sabre du four-reau. Ce dernier geste exprimait d’ailleurs plus d’une idée ; il marquait tout aussi bien la gra-vité que la bravade, et quand on voulait insulter quelqu’un, on rejetait en arrière l’une deses manches de façon à l’en frapper au visage, sans en avoir l’air. Il jouait aussi un grand rôledans la mimique qui accompagnait la célèbre danse nationale, la Polonaise, décrite si poéti-quement par Liszt dans sa Vie de Chopin.

Quelquefois le Icontousch était boutonné jusqu’au cou (voir notre n° 2), et, outre les boutons,il avait encore des brandebourgs d’or ou d’argent. Un même galon en passementerie de la cou-leur de l’habit ou bien un cordon d’or ou d’argent bordait le vêtement tout autour. La dou-blure du Icontousch, y compris les manches, était toujours de la même couleur que le joupane.Le col était tantôt droit (voir la fig. 12 de la planche ayant pour signe la Clef), tantôt repliécomme ceux du temps du Directoire, tantôt renversé à plat et se prolongeant en revers jusqu’aubas de l’échancrure (voir notre n° 4). Les étoffes employées pour ce vêtement étaient le drap,le velours, la soie. Les serviteurs des gentilshommes les portaient en coton ou en lainages infé-rieurs.

Les nobles seuls mettaient la ceinture par-dessus le Icontousch, tandis que les bourgeois, envertu d’anciennes lois somptuaires, ne pouvaient la porter que sur le joupane. A une époquequ’il serait difficile de préciser, les ceintures en cuir, en passementerie ou en soie furent rem-placées par l’écharpe orientale, de brocart pur, ou de brocart et soie, ou bien simplement en soie,de provenance turque ou persane. Les plus estimées venaient de l’Inde et étaient faites d’uncachemire tellement fin qu’on pouvait les passer à travers une bague. Ces ceintures, dites chi-noises, étaient d’une couleur uniforme : verte, orange, cramoisie ou blanche, et n’avaient pourtoute décoration qu’une étroite bordure et les deux extrémités ornées de fleurs de la plus ra-vissante beauté. Les écharpes de brocart et celles de soie avaient en moyenne trois mètres cin-quante de longueur sur trente-six centimètres de largeur ; mais il y en avait qui atteignaientune longueur de six mètres et une largeur proportionnelle. Elles étaient à une, deux ou quatrefaces différentes en couleur, et on les tournait du côté qui convenait le mieux à la nuance de