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Tome VI.
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l’habit. On mettait grand luxe dans ces ceintures, qui coûtaient quelquefois jusqu’à 500 du-cats et plus, mais on ne s’en servait que dans des occasions exceptionnelles. Le nœud, dontl’arrangement variait, était formé par-devant, au milieu de la taille, et les deux bouts, gar-nis de franges, retombaient sur les deux côtés ou quelquefois par derrière. Pour se ceindre onavait naturellement besoin du concours d’une personne. Avec le temps, on arriva à fabriqueren Pologne de semblables ceintures qui ne le cédaient à rien en richesse et en beauté auxécharpes de l’Orient ; on en faisait aussi venir de Paris et de Lyon.

Ce n’est qu’à partir du règne de Jean Sobieski (dix-septième siècle) que l’usage du Jcontouschdevint général. Cependant au siècle suivant, sous les deux Auguste de Saxe et sous le dernier roi,Stanislas Poniatowski, les costumes allemands et français firent successivement invasion en Po-logne et entrèrent en lutte avec le costume national. La diète de 1776 ordonna le port àejou-panes et kontouschs uniformes, avec couleurs et garnitures différentes pour chaque palatinat.Les nuances choisies étaient : le cramoisi, l’amaranthe, le grenat, le bleu, l’azur, le saphir, levert foncé, le vert tendre. Le bonnet était de la même couleur que 1 ejoupane. Ces uniformesse sont conservés jusqu’en 1794, où, après la défaite du général Kosciuszko, on commença àabandonner définitivement le costume traditionnel.

Comme coiffure, les nobles polonais n’ont jamais porté que des bonnets, de formes très va-riées, mais toujours garnis ou entièrement en fourrure. Aux premières années du règne dudernier souverain apparut la Iconfederatlca, qui doit son nom aux confédérés de Bar (1768).Haut d’environ quinze à dix-huit centimètres, ce bonnet cousu de quatre morceaux d’étofferectangulaires, s’élargissait presque imperceptiblement vers le sommet qui était carré (voir len° 6). On le confond ordinairement à l’étranger avec la Icralcousha, (voir le n° 5), bonnet carréaussi, mais très plat, qui n’est porté que par les paysans, ceux surtout des environs de Cracovie,d’où lui vient son nom. Faite de drap ou de velours, la Iconfederatlca pouvait être de toutesles couleurs ; la garniture en fourrure n’avait que quatre à six centimètres de largeur. On la por-tait tantôt toute droite, tantôt abaissée négligemment sur le côté ou sur le front. Souvent elleétait ornée d’un cordon d’or ou d’argent, terminé par un gland aplati (voir le n° 2), qu’on fai-sait passer sous l’aisselle. C’est le bonnet ainsi fait qui, introduit dans la cavalerie polonaisevers la fin du règne de Stanislas-Auguste, devint dans la suite le shako du lancier moderne, telqu’on le voit porté par les lanciers polonais de Napoléon I er ; aujourd’hui on lui donne uneforme pincée qui le défigure.

L’ample manteau à manches, à large col rabattu, qu’on voit au n° 2, est un vêtement em-prunte aux Tatares au commencement du seizième siècle. On l’appelait opognetcha et elle étaiten drap ou en feutre.

Le personnage représenté au n° 10 est un connétable ou grand-général ( hetman ), commele témoigne le bâton de commandement, en guise de massue à pointes, qu’on voit sur la table.Son bonnet ( Icolpalc ) entièrement en fourrure, est orné d’une aigrette. Il porte un joupaneblanc et un Jcontousch de brocart boutonné jusqu’au cou. Le grand manteau sans manches