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DE LA MUSIQUE.
part, une progression ascendante, depuis le sonie plus grave jus-qu’au plus aigu, et une autre descendante, depuis le plus aigu jus-qu’au plus grave ; d’autre part, une progression croissante de durée,et une progression inverse décroissante. Une multitude d’intonationspossibles existe entre le son le plus grave et le plus aigu, mais uncertain nombre seulement présentent des différences appréciables etdéterminables. Les progressions ascendantes et descendantes de sonsdéterminés ont reçu le nom d 'échelles, en général, et de gammes souscertaines formes particulières.
Les sons, quelle,qu’en soit la durée, se produisent nécessairementdans le temps, car durée et temps sont synonymes dans leur applica- 'tion concrète. Les proportions de ces durées fournissent les éléments dece qu’on nomme en musique la mesure.
La raison ne permet pas de supposer que, dans les temps primitifsantérieurs à l’histoire, et lorsque l’humanité était encore faible etbégayante, elle ait conçu l’idée d’un arrangement systématique dessons par leurs rapports d’intonation. Les successions de ces sons du-rent être d’abord barbares et sans analogie tonale ; mais, après dessiècles d’enfance, le principe de perfectibilité, plus ou moins actif, àraison des races, se développa. Arrivant à la civilisation, les hommesremarquèrent les différences des intonations et comprirent que la di-versité des sons est susceptible de combinaisons dans leurs succes-sions. Par des observations semblables, on vit que la diversité dedurées des sons peut engendrer des séries symétriques de plusieursespèces, d’où naissent les rhjlhmes. Enfin, des deux genres de com-binaisons d’intonations et de durées se formèrent les mélodies.
Ce serait méconnaître l’origine véritable de la musique que de re-chercher historiquement quel a pu être son inventeur dans l’anti-quité, puisque, comme on vient de le voir, cette production spon-tanée a précédé dès longtemps les traditions historiques. Par la mêmeraison, on n’a pas à se demander si le chant des oiseaux ou des bruitsnaturels n’en ont pas fourni le modèle, bizarre anomalie d’un poètematérialiste, Lucrèce méconnaît la noble origine de l’art lorsqu’il diten vers harmonieux : « Le chant flexible des oiseaux fut imité par la« voix longtemps avant qu’une suave mélodie s’unit aux vers faciles« pour charmer l’oreille des humains ; le souffle des zéphyrs, réson-« nant dans le creux des roseaux, apprit à enfler d’agrestes pipeaux,et par de lents progrès, la flûte, pressée entre des doigts agiles,
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