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Tome premier.
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HISTOIRE GÉNÉRALE

perfection et à l’état d’arts complets dans l’antiquité ; le moyen Ageen a fait l’application dans la direction d’idées qui le caractérise,expression naturelle des sentiments religieux et des mœurs de l’é-poque ; la musique, au contraire, était un travail d’enfantementd’une chose nouvelle qui n’était pas arrivée à l’état d’art ; c’est-à-direl’agrégation simultanée des sons, qui n’est devenue Yharmonie qu’enatteignant son but et se dépouillant des discordances. La musiqueavait, au moyen âge, de belles choses dignes de nous intéresser; c’é-taient le plain-chant et les mélodies populaires ; mais Yorganum étaitbarbare, et l’harmonie véritable n’existait pas. On s’expose à raison-ner fort mal lorsqu’on compare les arts qui ont pour objet la repré-sentation de la nature, le monde extérieur, et l’art idéal par excel-lence, la musique, dont la création est due «au génie humain, et dontla constitution définitive n’a pas exigé moins de onze siècles après lachute de l’empire romain. C’est cette même erreur qui a égaré tous ceuxqui ont supposé l’existence de l’harmonie dans la musique des Grecs.

Enfin nous arrivons au quatorzième siècle, où les tendances vers l’a-mélioration sont plus prononcées. On y sent que la poésie a pris sonessor, et que le génie de Dante rayonne sur son époque. Il y a peud’art encore dans les productions musicales des deux premiers tiersde ce siècle, mais on remarque un progrès non contestable dans legoût de quelques musiciens à la tète desquels se placent FrancescoLandino , appelé Francesco degli organi, à cause de son habileté re-lative sur l’orgue, Maestro Giovanni, Nicolo del Proposlo, Paolo Teno-rista et Gian Toscano. Toutes les grossières discordances ont disparu,et les successions vicieuses sont devenues rares dans les chants àtrois voix de ces artistes; enfin, il est évident que, si l’on n’est pasencore installé dans le domaine de l’harmonie pure, on est entré dansla voie qui doit y conduire.

Vers 1370 apparaissent en mèjne temps trois hommes d’un méritesupérieur à leur époque; ils introduisent simultanément dans l’artharmonique des perfectionnements inattendus, qui lui donnent unesuavité inconnue avant eux : ces artistes prédestinés sont un Anglaisnommé Dunstaple ; Hinchois, Belge qui tirait son nom de la petiteville de Binclie, lieu de sa naissance ; et Dufay (1), que la Belgique a

(1) \ ovcz les notices de ces artistes dans la Biographie universelle des musiciens, par Fauteurde cette histoire; Paris, Didot, 1860-G5.