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Tome premier.
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DE LA MUSIQUE.

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des inventeurs de la musique et des chants de deuil, en mémoirede la douleur d’Isis, auxquels on avait donné son nom (1). Mané-ros est pour les Égyptiens ce qu’est Linus, fils d’Apollon, chez lestirées.

D’après ce qui vient d’être rapporté, ce sont les dieux et les bien-faiteurs de l’humanité qui inventèrent la musique, pour son bon-heur; mais il est d’autres traditions d’après lesquelles la créationde cet art appartiendrait au contraire à l’éternel ennemi des hommes,au génie du mal, à Satan, et ce même art serait le symbole de l’es-prit pervers, et le compagnon inséparable de la dégradation hu-maine. Suivant ces traditions, Hermès, Horus, le Soleil, Osiris, re-présentés par la Corbeille dans les signes hiéroglyphiques, seraientidentiques à Pan. Or, suivant Hérodote et d’autres autorités recueil-lies par Jablonski (2), l’image de Pan n’est autre que le boucMendèsou Mentes, dont il a les penchants, et Champollion a rassemblé unemultitude de témoignages qui établissent l’identité de Mendès avecAmmon Ra (le Soleil), Vesprit démiurge, l’Ammon générateur, Pan etPriape, dont la planche représente le veratrum erectum (3).

Quant au bouc lui-même, on remarque que son nom égyptien(baems ) signifie aussi la fornication, les turpitudes, la calomnie, lescorruptions et abominations engendrées par l’esprit malin. Un 'savantorientaliste en prend occasion d’établir que la flûte à sept tuyaux dePan sert de légende à l’ensemble de ces idées (4). En effet, dit-il, laflûte, aùXbç , tibia, fislula, appelée dans la langue égyptienne chbi(cliébi), cime ( chèbé), n’est, dans cette allégorie, que le paronymemystique de ses homophones oeq ( cheb ), c.vq ( chah ), coq ( ckub ), les-quels signifient corrumpere, contaminare, polluere, violare virginem.

Une figure hideuse, publiée par Rosellini (5), semble confirmerce qui résulte de ces rapprochements et l’existence des mêmes idéeschez les initiés aux mystères d’Isis. Cet archéologue l’a trouvée surune colonne du pronaos du temple de Dakkeli, en Nubie, qui fut

(1) Plutarque, De Iside et Osiride, p. 357, D".

(2) Panthéon, lib. II,c. 7. Hérodote dit positivement : Le bouc et le dieu Pan s'appellent Men-dès en égyptien; Eutcrpe , 4G.

(3 ) Panthéon égyptien , texte, n° 4, et planche.

(4) M. de Goulianof, Archéologie égyptienne , t. III, p. 273.

(5) Monumenti civili delV Egitto , t. III, p. 17. On trouve aussi cette figure dans les Monu-ments de l’Egypte, et de la Nubie , de Champollion.

1I1ST. DE IA MUSIQUE. — T. I.

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