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HISTOIRE GÉNÉRALE
piclité chez les Orientaux et ne s’en fait pas remarquer ; l’oreille est ra-rement affectée cl’un son isolé ; dans la plupart des cas, elle ne perçoitque des groupes de sons rapides. Cette singularité parait être un destraits caractéristiques des peuples sémitiques et remonter à la plushaute antiquité. Quoi qu’il en soit, on comprend qu’une musique ainsiconstituée a moins besoin de signes propres à exprimer des sons isolésque d’une notation destinée à représenter des collections de sons ; carces sons collectifs s’offrent à l’esprit comme autant de faits sonores qu’ily a entre^eux de modes d’agrégation. C’est en effet le caractère distinctifde la notation des livres de chant chez les moines grecs de l’Égypte, dela Palestine et de la Syrie ; il en est de même chez les Arméniens, dansles églises, de l’Abyssinie et chez les Juifs de l’Orient. Quelle est l’ori-gine des notations de ce genre? C’est ce qu’il s’agit de rechercher. Cequ’on va lire est en opposition non-seulement avec ce qu’on a écritdepuis des siècles sur cette matière, mais aussi avec les traditions ré-pandues dans toute l’Église grecque de l’Orient et de l’Occident. Cen’est pourtant pas absolument une nouveauté , car, trente ans avantque ceci fût écrit, lcs"résii Itats de premières études sur le même sujetont été publiées (1 ) : depuis lors, ces études ont été continuées, et lesfaits qui en sont sortis ont confirmé nos premiers aperçus.
Saint Jean de Damas, ou Damascène, suivant l’expression usitée,lequel vécut dans le, huitième siècle, est considéré dans toute l'Églisegrecque de l’Orient comme le restaurateur du chant de cette Église,et comme l’auteur d'un grand nombre d’hymnes qui se chantentencore. Mais ce^n’était pas assez de la gloire qui parait lui appar-tenir à cet égard, car plusieurs auteurs ont supposé qu’il fut l’inven-teur de la notation particulière qui est en usage dans les églisesgrecques de l’Orient. Il est certain qu’au nombre des traités duchant en usage dans ces églises, qu’on connaît en manuscrit, il en estun qui semble fort ancien, et qui porte le nom de saint Jean deDamas ; mais, dans l’explication des signes employés pour la notationde ce chant, il n’y a pas un mot qui puisse faire croire que le sainten soit l’inventeur. Nul doute que, trouvant dans l’ancienne musiquegrecque une notation toute faite et d’un usage facile, il ne l’eut
(t) Résume philosophique de l’histoire de la musique, servant (l’introduction à la premièreédition de la Biographie, universelle des musiciens, par l’auleur de cette Histoire générale dela musique (Bruxelles, 1835); t. I, p. LXMII-LXXV.