DE LA MUSIQUE.
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« l’autre, et souvent même d’un individu à un autre, qu’il était na-« turel, lors de la création des alphabets égyptien, phénicien, lié-« hreu, syrien, etc., de n’accorder qu’une importance bien secondaire« à l’expression des voyelles (1). »
Depuis que Champollion a écrit ce passage, les savants travauxd’Eugène Burnouf (2), de Westergaard (3), de Clir. Lassen (4), deRawlinson (5), et en dernier lieu, de M. Jules Oppert (6), ont jeté devives lumières sur les {rois systèmes d’écritures cunéiformes (7),présentés par les inscriptions de Persépolis, par les débris des mo-numents de Ninive, découverts àKliorsabad, à Koyoundjicketà Nem-rod, et par les briques peintes de Babylone. Leur alphabet a étérefait, et leur système présente, dans les langues araméennes de l’As-syrie et de la Chaldée, les mêmes particularités qu’on remarque danstoutes les langues sémitiques, quant à l’absence des voyelles mé-diales et de la classification des consonnes.
Une difficulté semble s’élever ici à l’occasion des inscriptions tri-lingues de Persépolis, dont le texte est en zcnd, langue parlée enPerse, sous les rois de la dynastie acliéménide, et qui était dérivée dela même source que le sanscrit, où les voyelles abondent. Cependantle texte est écrit dans le système le plus simple de l’écriture cunéi-forme, ce qui semble contradictoire; mais E. Burnouf a expliqué cefait dans le passage suivant : « Nous avons montré, en ce qui concerne« l’écriture persépolitaine, considérée dans son rapport avec la langue« de ces inscriptions, que cette écriture ne représente pas toutes les« lettres qui sont étymologiquement nécessaires dans chacun des mots
« que nous trouvons sur nos monuments. Ce désaccord (entre
« l’écriture cunéiforme et la langue de ces inscriptions) a été démon-
(1) Précis du système hiéroglyphique des anciens Égyptiens, 2 e édit.,p. 365.
(2) Mémoires sur deux inscriptions cunéiformes trouvées près d’Hamadan , etc. Paris, lmpr.royale, 1836, in-4°.
(3) Ueher die Keilinschriften des ersten und zweiten Gattung ( Sur les inscriptions cunéi-formes des premier et deuxième systèmes). Bonn, 1845, in-8°.
(4) Die alte persischcn Keilinschriften. Bonn, 183G, in-8°.
(5) Memoirs on cuneiform inscriptions. Londres, 1846, in-8°.
(6) Bevue archéologique, t. V, p. 1-35. — Journal Asiatique , t. XVII, p. 355 et suiv.;t. XYI1I, p. 56 et suivantes ; 322 et suiv.; p. 553 et suiv.; t. XIX, p. 140 et suiv.
(7) L’écriture cunéiforme , (pii fut en usage chez les peuples anciens d’une partie de l’Asie,est appelée ainsi parce que son élément fondamental est un trait en forme de clou ou de coin,diversement combiné.