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HISTOIRE GÉNÉRALE
libyques, particulièrement par l’inscription bilingue, c’est-à-direpunique et libyque, découverte en 1631 à Dagga (l’ancienne Tkugga,près de Tunis), l’analogie de la langue phénicienne ou carthaginoiseavec celle des peuples de la Libye et de la Numidie, aujourd’hui lesBerbers ou Kabyles.
Répétons-ie donc avec assurance, il y a communauté d’origine,d’organisation physique, de caractère, de mœurs et de langue entretous les peuples issus de la famille qui, après la grande catastrophe dudéluge, descendit des hauteurs de l’IIimalaya, par le versant occi-dental, dans les plaines de l’Asie caucasienne. Tous sont Arabes, sousquelque dénomination qu’ils soient connus ; tous ont la même confor-mation physiologique; tous, nonobstant la longue succession des siè-cles, des guerres incessantes et des dominations étrangères, ontconservé leurs points de contact essentiels, leurs penchants analogueset leur physionomie antique T Le goût de la musique est uniforme cheztous; car, dans toute cette grande famille sémitique, on trouve les échel-les de sons divisées parles mèmesintervalles. Ilsontla même multipli-cité de modes pour l’ordre de succession de ces intervalles ; le même ca-ractère dans les mélodies; le même luxe d’ornements du chant, com-posés de chevrotements, de trilles, de ports de voix et de groupes denotes de toutes formes ; la même absence de l’usage de l’harmonie ; lemême emploi des instruments à manche et à cordes pincées, pour lesritournelles et pour soutenir les intonations de la voix, les mêmes tym-panons à cordes frappées par des baguettes ou pincées par les doigts,entin les mêmes tendances populaires à marquer le rhytlime de ladanse par des tambours, de petites timbales, des cymbales et des cro-tales de diverses formes : tout cela, disons-nous, se trouve chez tousles peuples issus de la même souche, et l’identité est évidente entretes temps les plus anciens et l’époque actuelle, comme on en aura lapreuve dansle cours de cette histoire. Si l’on rencontre auj ourd’hui, dansquelques grandes villes de l’Asie ainsi qu’en Égypte, des instrumentsà archet qui n’y existaient pas dans l’antiquité, ils y sont venus de l’é-tranger et ne sont que de grossières imitations de ceux des Européens.11 suffit de lire les relations des voyageurs pour avoir la convictionque la musique dont les oreilles sont frappées à Damas, à Bagdad, àMossoul, à Jérusalem, est la même qui résonne au Caire, à Maroc, àTanger, à Tunis et dans l’Algérie. Les provinces de l’Espagne quifurent autrefois les royaumes arabes et maures de Cordoue, de Gre-