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HISTOIRE GÉNÉRALE
CHAPITRE DEUXIÈME.
DES INSTRUMENTS DE MUSIQUE DES ASSYRIENS ET DES BABYLONIENS.
§ 1 -
Instruments à cordes.
On a déjà vu ( Introduction , § IX) que les systèmes musicaux despeuples les plus anciens n’ont pas eu pour base la constitution de lagamme diatonique ; et la flûte traversière de l’Égypte, dont le diapasonet l’étendue ont été retrouvés par d'heureux travaux de recherches,nous a prouvé que l’échelle tonale des Égyptiens était chromatique,fiette démonstration a été corroborée par le nombre des cordes desgrandes harpes du môme peuple dont nous voyons les représenta-tions dans les peintures des hypogées, et parmi lesquelles il en estqui sont montées de 22 cordes. Si ces instruments avaient été accordésdiatoniquement, ils auraient embrassé une étendue de trois octaves,c’est-à-dire à peu près le double de l’étendue des voix ordinaires ; oril est démontré, par l’état actuel delà musique dans tout l’Orient, queles instruments n’y ont jamais eu d’autre destination que de jouer desritournelles et de suivre la voix, ou plutôt de la guider dans le chant.Cette considération établit comme un fait à l’abri de toute contesta-tion, que les harpes étaient accordées, comme les flûtes, dans uneéchelle chromatique, en sorte que les 22 cordes de la plus étendue deces harpes ne formaient qu’un peu moins de deux octaves.
Les harpes assyriennes représentées sur un bas-relief du plus hautintérêt, trouvé par M. Layard, dans les ruines de Ninive (1), àKoyoundjek (Turquie asiatique ou ancienne Mésopotamie), indiquent,par lé grand nombre de leurs cordes, un système d’accord analogueà celui des harpes égyptiennes, c’est-à-dire une échelle chromatique.Ce bas-relief, aujourd’hui placé parmi les antiquités assyriennes du
(1) Discoveries in tlie ruins of Nineveh and Babylon, etc. Londres, 1853, gr. in-8°, avecplanches, illustrations et cartes, p. 455.