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HISTOIRE GÉNÉRALE
prêtres égyptiens se servaient dans les fêtes solennelles, ainsi quedans leurs festins. Il est remarquable que la harpe trigone à cordes obli-ques, copiéeàTlièbespar Wilkinson, a précisément neuf cordes, commel’instrument assyrien (1). Quant au nom de asor donné parM. Engelàcet instrument, on le trouve dans les livres de la Bible les Juges, lesRois, les Paralipomènes, les Psaumes, les Prophètes; mais le asor ouhaçor n’est certainement pas le même instrument que le nebel, car il estmentionné avec celui-ci dans les psaumes XXX, 2, XCII, i, et CXLIV, 9.On ne voit pas d’ailleurs sur quelle autorité M. Engel a choisi cenom de asor pour l’instrument dont il s’agit. Dans la langue hébraï-que, ce mot signifie dix, ce qui donne lieu de penser que cet instru-ment était monté de dix cordes. La version grecque de la Bible a eneffet psallerion decackordon. et la Yulgate porte psalterio decem chor-darum. La plupart des traductions modernes ont simplement l’tns-trument à dix cordes. La conséquence inévitable de ces faits est quel’instrument assyrien n’est pas le asor, comme l’a pensé M. Engel,car il n’a que neuf cordes. Comme on vient de le voir, c’est le tri-gone.
La figure représentée sur la brique tirée des ruines de Nemrod estune exception, ou plutôt une contradiction manifeste à l’égard dumépris que les Orientaux ont toujours montré pour ceux qui cultiventla musique, bien qu’ils aient le goût de cet art et qu’ils entendentavec plaisir chanter et jouer des instruments. Ici la personne repré-sentée jouant du trigone appartient évidemment aux classes les plusélevées de l’Assyrie. La richesse et l’élégance des vêtements ne laissentpas de doute à cet égard. La main gauche de ce personnage, posée surles cordes, semble avoir pour objet de faire l’office d’étouffoir, pourempêcher la résonnance trop prolongée des cordes.
On ne doit pas prendre à la lettre le nom de psalterium donné àl’asor par la version grecque de la Bible et par la Vulgate, car Y asorn’était pas le psalterium : ce dernier instrument est le pisenlir ousanlir des Arabes, dont le qanon oriental est le plus complet dévelop-pement. Le santir ou pisenlir qu’on voit entre les mains du musicienqui suit le premier harpiste, dans le bas-relief de Koyoundjek , estune caisse sonore plate dans la partie supérieure, et bombée dans
(1) Manners and customs of the ancient Egyptians, fig. 212,