DE LA MUSIQUE. 335
l’inférieure. Sur sa table d’harmonie sont tendues des cordes métalli-ques qu’on frappait avec de légères baguettes. La forme actuelle dusantir est un triangle tronqué au sommet; celui du bas-relief endiffère non-seulement par la partie inférieure, qui est bombée, maisaussi par sa projection à angles droits. Du reste, cet instrument estaujourd’hui ce qu’il fut dans les temps les plus anciens, soit pour laforme générale, soit pour la matière des cordes, soit, enfin, par lamanière d’en tirer des sons. On le retrouve en Égypte, dans toutel’Asie occidentale, dans l’Inde, à la Chine, en Europe, au moyen âgecomme dans le dix-liuitième siècle, et même aujourd’hui en Hongrieet en Bohème, où il est joué par des musiciens ambulants avec unehabileté remarquable.
Le sculpteur assyrien du bas-relief de Koyoundjek a, sans doute,représenté cet instrumentde mémoire et sans en avoirune connaissance suffisante,car la courbe qu’il a fait dé-crire aux cordes aurait ren-du impossible leur sonorité ;à moins qu’on ne supposequ’elles étaient appuyées ,sur des poulies et tenduespar des poids, comme cer-tains monocordes, pour desexpériences d’acoustique.
Du reste, les cordes sont re-présentées deux à deux pourchaque note, comme ellessont en effet dans le santiroriental ainsi que dans lepsaltérium européen, etcomme on peut le voir dansla figure 114. Fig- U4.
11 ne parait pas douteux que les harpes représentées sur les monu-ments de Ninive aient été connues et mises en usage à Babylone , etqu’on en puisse faire remonter l’origine jusqu’aux anciens temps dela Chaldée, sauf les modifications et les perfectionnements produitsen toute chose par le temps. Toutefois une harpe montée de quatre
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