Band 
Tome premier.
Seite
347
JPEG-Download
 

347

DE LA MUSIQUE.

car, dans l’ancienne langue latine, sytnphonia signifiait la réunion deplusieurs instruments. Polybe, cité par Athénée, parle de la sym-phonie comme d’un instrument qui faisait les délices des Grecs dansla Syrie; le passage est celui où l’historien peint ainsi les.désordresd’Antioclms-Épiphane : « Dès que la symphonie se faisait entendre,« on voyait un roi, animé par les sons, danser, sauter et folâtrer au« milieu des baladins, etc. » (1 ). Un commentateur israélite du livre deDaniel, cité par Gesenius (2), décrit ainsilasoumponiah : uninslrumentpastoral de musique semblable à une outre enflée, qui agit sur les flûtes à lamanière des poumons. S. Augustin (3), Isidore de Séville (4) et Fortu-natus (5), ont parlé de la sytnphonia. Cet instrument est le même quiest appelé zampogna en Italie, sambogna en Syrie et dans l’Asie Mi-neure ; c’est le bag-pipe de l’Écosse et de l’Irlande ; enfin, c’est lachifonie du vieux langage français (G). L’usage antique, dans l’Orient,du chant accompagné par un son soutenu ou bourdon, qui existeencore en Égypte, chez les Arabes et chez les Berhers, parait avoirdonné naissance à l’instrument chaldéen, composé d’une outre qu’onemplissait d’air par un petit tube, et dans laquelle étaient introduitsun grand tuyau qui sonnait le bourdon, et une tlùte dont les intona-tions étaient variées par l’action des doigts (7).

(1) Athénée, liv. X, 52, p. 439.

(2) Thésaurus philologicus criticus linguæ Hehræve et Chaldxæ Vet. Testamenti; vol. II,p. 941.

(3) Ad ps. XLI.

(4) Orig. 3, 21.

(5) De 'vita S. Martini, lib. IV.

(6) Dans la vieille chronique de Bertrand du Guesclin, on lit :

« Et «voit chascun d’eux après lui un sergent« Qui une chiffonic va à son col pendant ;

« Et li deux menestreux se vont appareillant

* « Tous devant li Roi se vont chiphoniant. a

Plus tard, on écrivit symphonie , comme on le voit dans ces vers de Jean Molinet :

« Tubes, tnbours, tympanes et trompettes.

« Lues et orguettes, harpes et psaltérions,

« Bédons, clorons, claquettes et sonnettes,

« Cors et musettes, symphonies doucettes,

« Chansonnettes de manieordions, etc. »

Cf. Du Cange, Glossarium mediæ et infimie latinitatis , voc. Symphonia.

(7) On peut consulter sur ce sujet le Thésaurus antiquit . sacr . d’Ugolini, où il est ample-ment traité, au point de vue de l'érudition, t. XXXII, p. 39* *42.