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DE LA MUSIQUE.
si avancées, cet art ait été borné à nne routine aveugle, et ne se soittransmis que par tradition. D’ailleurs, sans parler de l’Inde, de laPerse, de l'Égypte, qui possédaient des notations musicales, de laChine, où l’on trouve non-seulement une notation générale, maisdes système&de tablature pour divers instruments, nous voyons chezles Hébreux trente-deux accents toniques , qui représentent des suc-cessions de sons, et même des phrases musicales entières. Nous sa-vons que les populations de Samarie et de Jérusalem ont été trans-portées en Assyrie et à Babylone, après les conquêtes de Salmana-sar, ou plutôt Sardon (1), et de Nabou-cadr-atzer, le Nabucliodono-sor de la Bible. Devenus captifs, les Hébreux n’abandonnèrent pasl’usage de la musique ; ils y trouvèrent des consolations dans leurinfortune. Si les peuples puissants de la Mésopotamie n’avaient paseu dès longtemps la connaissance de certains signes destinés à repré-senter les sons, ils l’auraient acquise par l’exemple des Juifs. Mais,ainsi qu’il vient d’ètre remarqué , il est peu vraisemblable que degrandes nations qui ont poussé si loin la culture des arts plastiques,dont les produits d’architecture et de sculpture ont tant de noblesseet de grandeur, et qui, dans les ornements et les ciselures, font ad-mirer la pureté du goût autant que la délicatesse du travail, il estpeu vraisemblable que de telles nations n’aient pas pratiqué l’art denoter les sons, ou qu’il leur ait été enseigné par le petit peuplejuif. Enfin, n’oublions pas qu’une dynastie assyrienne, qui comptequatre rois dans l’espace de cent sept ans, régna sur une partie del’Égypte depuis l’an 2149 jusqu’en 2030, et fut contemporaine dela XVII* dynastie thébaine, qui régnait dans la haute Égypte ; que laXXII e dynastie Bubastite de la chronologie égyptienne était assy-rienne; qu’elle eut neuf rois, qui occupèrent le trône l’espace de
(1) M. de Saulcy a placé la prise de Samarie, par Salmanasar, en 721 avant J .-C., dans leSynchronisme historique des rois d'Israël, de Juda, d'Égypte, de ISinive, de Babylone et d'Ec -butane, placé à la suite de ses Recherches sur la chronologie des empires de JSinive, de Baby-lone et d'Ecbatane, etc. Paris, 1849, p. 155, ï re colonne ; mais, ayant traduit postérieurement,avec une prodigieuse intelligence, l’inscription cunéiforme placée aux pieds des hommes-tan-reatix provenant du palais de Khorsabad, et qui soûl au Musée du Louvre, à Paris, il a dé-chiffré, à l'aide de l’hébreu, les soixante premières lignes de cette inscription et y a trouvé rénu-mération de tous les exploits du roi Sardon ou Asarhadon, fils de Sennachérib, lequel ne com-mença de régner qu’en 709, suivant son Synchronisme historique, et il y a trouvé cette phrase :Il a terrifié la aille de Schamarin (Samarie). Ce fut donc Sardon qui assiégea et prit cetteville et non Salmanasar. Entre ces deux princes, il y a les règnes deSar-Goum, et de San-Ké-rib (Sennachérib).