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HISTOIRE GÉNÉRALE
chez toutes ces populations, nous sommes autorisés à conclure qu’ilen était ainsi chez leurs ancêtres.
Un passage du livre de Daniel (1), souvent cité, prouve que latrompette, la flûte , la harpe, J a cithare, et tous les instruments de mu-sique, étaient joués par les prêtres et les musiciens, à Bahylone, dansle culte des idoles. La harpe babylonienne à quatre cordes, qu’ona vue précédemment (2), est empruntée à une pratique religieused’initiation au culte de Nebo , le Mercure clialdéen, qui, dans lesidées astronomiques de la Chaldée, était le symbole de la planètede ce nom. Le sujet de la scène dans laquelle figure la harpe dontil s’agit est révélé par la présence de l’astre dans le lieu de l’ini- -tiation. Ce monument provient d’un cylindre babylonien ; nous avonscru devoir le reproduire (fig. 115) , parce qu’il fournit la preuveque la musique trouvait à Bahylone son emploi dans tout ce qui tenaitaux mystères, comme au culte public (3).
Chez les Phéniciens, comme dans l’Assyrie et dans la Chaldée,toutes les cérémonies religieuses étaient accompagnées par la musique ;les sacrifices humains qui souillèrent le culte de leurs idoles, commecela se pratiqua chez d’autres peuples de l’antiquité, s’alliaient mêmeau chant et à l’usage des instruments. Ils honoraient leur Saturne, ouMolocli, en offrant à ce dieu des enfants, qu’on enfermait dans sa sta-tue de bronze creux, où ils étaient brûlés comme dans une fournaise (i).Les cris de ces pauvres victimes étaient étouffés par des chants enchœur et des danses qui se faisaient autour de la statue, et auxquelss’unissait le bruit des cymbales et des tambours (5). A Carthagecomme à Tyr, cette coutume horrible emprunta le concours de la mu-sique. Cet art était aussi une partie importante du culte des autresdivinités de la Phénicie et de la Syrie, qui toutes, comme Moloch,étaient des symboles astronomiques. Ainsi Melkart, personnificationdu soleil chez les Phéniciens, comme l’était Baal en Chaldée,' était
(1)111,5,7,10,15.
• (2) Liv. II, ch. II, I>. 336, fig. 115.
(3) Voy. Félix Lajard, Recherches sur le culte public et les mystères de Mithra , etc.,pl. XXXIX, fig. 8.
(4) Cf. Diodore de Sicile, Biblioth. histor., 1. XX, 14. — Eusèbe, Præpar. evangel 1. IV,c. 16.
(5) Cf. les récits des rabbins Simeon et Salomon dans Selden, De Diis Syris synt. lib. I,c. 6.