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DE LA MUSIQUE.
d’une part l’Hercule phénicien, et de l’autre l’Apollon, car, ainsi quecelui-ci, il passait pour l’inventeur de la cithare, qui lui était consa-crée , et les chants en son honneur n’étaient accompagnés que parcet instrument. Ainsi encore, Astarté, la Vénus syrienne et phéni-cienne, était le symbole de la beauté, et ce nom était celui de la pla-nète qui efface les autres par son éclat. Déesse des plaisirs Sensuels,elle était célébrée par des chants particuliers consacrés à l’amour, etaccompagnés par la harpe trigone. Enfin, c’est ainsi que le culte d’A-donis, ou Adonai (le seigneur), amant d’Astarté ou de Vénus, est. l’emblème du soleil s’élevant tour à tour sur l’horizon au nord del’équateur, et disparaissant de notre hémisphère , pour faire place àla nuit, puis pour reparaître à son point de départ. Entre les bras deVénus, c’est l’astre du jour fécondant la nature ; disparu de l’horizon,et laissant régner les ténèbres, c’est l’amant de Proserpine ou de lareine du sombre empire. La fête d’Adonis, célèbre dans tout l’Orient,mais surtout en Syrie en Phénicie et dans l’Ue de Chypre, se parta-geait en deux périodes, dont la première, consacrée au deuil et auxlarmes, se nommait aphanisme (disparition), et dont l’autre , indi-1 quant le retour radieux de l’astre , était appelée hévrèse (découverte).Dans les jours de la première période, les prêtres et les musiciens nefaisaient entendre que des chants tristes, appelés adonidies; ils se chan-taient dans une procession magnifique, composée particulièrement defemmes. Ces chants étaient accompagnés parles sons mélancoliques dela flûte gingrine (1). La deuxième partie de la fête (la résurrection ou leretour) était annoncée par les cris de joie des prêtres ; les hymnesperdaient le caractère de complainte et devenaient l’expression de lasérénité des sentiments. Dans ces chants, les voix se mêlaient aux sonsdes harpes; caries fêtes d’Adonis ne ressemblaient pas aux dionysia-ques ou fêtes de Bacclius, dans lesquelles les chants n’étaient accom-pagnés que par des instruments bruyants, tels que les cymbales et lestambours.
ANinive, comme à Babylone, on faisait un fréquent usage de la mu-sique dans les repas, dans les fêtes publiques et dans la vie privée. Lesmonuments tirés des ruines de la première de ces villes font voir, dansces circonstances, des musiciens avec leurs instruments. La grande
(1) Voyez Tliéocrite, ItlyU., XV, v. 131 etsuiv. — Bion, Idyll. 1-