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Tome premier.
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HISTOIRE GÉNÉRALE

Juifs mêmes, Salomon, imitateur des mœurs phéniciennes, parlantdes vanités de son règne, dit ces paroles remarquables : J'ai eu desmusiciens el des cantatrices, des vases pour servir le vin, et tout ce quifait les délices des enfants des hommes (1).

Un bas-relief de Koyoundjek nous fait voir un joueur de cithare etun joueur de double flûte concertant, pendant que des femmes sontoccupées de la toilette d’une reine. Une scène du même genre existesur un cylindre babylonien qui se trouve au cabinet des antiquitésde la Bibliothèque impériale de Paris.

Tous ces monuments démontrent que le penchant pour la musique'des populations asiatiques de l’antiquité avait un caractère passionné,qui leur faisait appliquer le chant et le jeu des instruments à toutesles circonstances de la vie publique et privée. Ce même penchantexiste encore chez leurs descendants, soit que, placés dans une con-dition misérable, ils trouvent des consolations dans le chant des mu-siciens ambulants, ou dans les rliytlimes sonores des instruments ;soit qu’appartenant aux classes riches et puissantes, ils cherchent desjouissances dans les mélodies langoureuses de leurs esclaves, et dansles danses voluptueuses des femmes de leurs harems.

Nonobstant les patientes études faites pour retrouver quelque frag-ment delà musique des Phéniciens, quelque indication certaine de lanature de leurs instruments, de leur système tonal et du caractère deleurs mélodies, ces recherches sont restées sans résultat satisfaisant.Un savant , aussi distingué par son érudition que par sa naissance, adit avec une parfaite justesse : « On ne peut se rappeler l’influence<c exercée par les Phéniciens sur toute la civilisation antique, sans« s’étonner que leur histoire nous soit parvenue incomplète, mutilée« et privée dé tout l’intérêt qui s’attache à la succession des hommes« et des événements. Ce peuple, inventeur de l’écriture, est précisé-« ment celui dont les traditions écrites semblent être irrévocablement« perdues (2). » Le savant livre de Movers (3), qui a éclairci tant depoints obscurs de la mythologie et de la politique des Phéniciens,

(1) Eccles., H, 8.

(2) M. le duc de Liiynes, Sur le sarcophage d'un roi de Salon, découvert près de Suida ;Mémoire lu à la séance annuelle des cinq Académies de l’Institut de France, le 14 août1855.

(3) Die Phœnizier, Bonn, 1841-1850, 3 vol. in-8 1 2 3 .