402
HISTOIRE GÉNÉRALE
dans les monuments tirés des ruines de Ninive, et qu’on trouve au-jourd’hui dans toute l’Asie.
Aucun autre tambour que le thoph n’est mentionné dans la bible»L’usage des instruments bruyants à la guerre n’existait pas plus chezles Hébreux que chez les autres peuples de l’antiquité. Le seul ins-trument guerrier était la trompette, que les prêtres seuls avaient leprivilège de jouer. Le rliythme du pas militaire ne parait pas avoir* été connu des anciens. La trompette hébraïque ne se faisait pas en-tendre pendant la marche de l’armée ; son usage était borné aux si-gnaux dans les campements et aux convocations des tribus.
Les instruments de percussion n’étaient pas seulement bruyants
chez les Hébreux : la Bible nomme aussi les tseltselim (ffiSv 1 2 ??) , metsi-
hth (niH’P) (1), schalischim (n^Sn) (2) et menandimlesquelles sonnaient avec un timbre clair, sous la percussion. Letseltselim était composé de deux plateaux métalliques dont la réson-nance s’obtenait en les frappant l’un contre l’autre; c’est pour-quoi on le trouve ordinairement désigné par le pluriel melsiloth. Cetinstrument se distinguait en deux espèces, dont l’une, de dimensionrelativement grande, était la cymbale, et dont l’autre, beaucoup pluspetite, était la castagnelle. De celle-ci, la paire s’attachait au pouceet au troisième doigt par des anneaux de soie tressée ou de fil, commele font encore les danseuses de l’Asie et de l’Egypte ; car les cymbaleset les castagnettes métalliques se trouvent encore dans tout l’Orient.
La Vulgate traduit exactement P ar cymbala, au pluriel. Ce
mot a pour racine le verbe ( tsalal ), dont une des significationsest tinter ( tinnire ). Les deux genres de cymbales et de casta-gnettes semblent être distingués, dans le psaume CL, verset 5, par
ces expressions différentes : IJV'lF' castagnettes harmonieuses,
et i cymbales claires et résonnantes.
Le schalischim n’est nommé que dans le I er livre de Samuel, cha-pitre 18, verset 6. Saint Jérôme le traduit par sistra : il est vraisem-blable que son interprétation est la meilleure ; car l’usage si fréquentdu sistre dans les cérémonies religieuses des Égyptiens a dû le faire
(1) 2 Samuel, VI, 5 ; Esdras, III, 10; Néhémie, XII, 27 ; Psaume CL, 5.
(2) I Samuel, XVIII, 6.