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Tome cinquième.
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DE LA MUSIQUE.

ignorer les chroniqueurs. Sa pauvreté, dont il parle en plusieursendroits de ses ouvrages, et ses protestations contre le droit d’aînessefont voir en lui un cadet de noble maison privé de patrimoine. Ilavoue que chez lui la faim se fait souvent sentir et que les souristrouvent peu de chose à grignoter dans sa maison. Parlant de la magni-ficence du château où est gardé le saint Graal, il s’écrie : « Que je« souffre de mon indigence, quand je vois sous mes yeux briller« tant de luxe ! » Cette détresse l’obligea, comme tant d’autres min-nesinger de cette époque, de s’attacher à de puissants protecteursqui l’accueillaient dans leurs châteaux et l’admettaient à leur table ;mais, fier et digne, ce n’était pas comme poëte flatteur qu’il acceptaitleur hospitalité ; il payait sa dette avec son épée, ayant été armé che-valier à Mansfeld, par le duc d’Henneberg. « Mon métier, dit-il au« commencement d’un de ses poëmes, c’est le métier des armes. »Après avoir erré de château en château, ce fut à la cour d’Eisenacbqu’il fit le plus long séjour; il paraît y avoir vécu depuis 1204 jus-qu’en 1215, époque de la mort d’Hermann, landgrave de Thuringe.Ce fut là qu’il composa la plus grande partie de son Parcival , le seulde ses poëmes qu’il ait terminé. Dans la strophe 417 de cet ouvrage,Wolfram parle du landgrave comme de quelqu’un qui a cessé devivre : « Hermann, le prince de Thuringe, savait être généreux,« quand il vivait. » La date de la mort de Wolfram est aussi incer-taine que celle de sa naissance; on sait seulement, comme on vientde le voir, qu’il avait survécu à Hermann de Thuringe, mort en 1215;d’autre part, le minnesinger Reinbot de Dorn le range, vers 1225,parmi les poètes décédés; c’est donc entre ces deux dates qu’il acessé de vivre. Il y a lieu de croire que, par la mort d’un frèreaîné, il entra en possession du fief de sa famille, puisque son tom-beau fut placé dans l’église d’Eschenbach, où le chevalier bavaroisl’uttrich de Reicliarzhausen le vit à la fin du quinzième siècle :il n’y avait plus alors sur la pierre tumulaire qu’un écusson dontles couleurs étaient presque entièrement effacées. Wolfram avait étémarié, vraisemblablement dans ses dernières années. On a de luihuit chansons d’amour qui sont autant de chefs-d’œuvre et quipeignent ses sentiments pour la dame qui unit son sort au sien.Dans un de ses poëmes, il parle de sa fille qui jouait encore avec sapoupée, et « qu’il se gardera bien, quand elle sera grande, de con-« trarier pour le choix d’un époux ». Les huit chansons de Wolfram