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HISTOIRE GÉNÉRALE
sont dansle manuscrit de Manesse; elles placentleur auteur au premierrang des poètes lyriques de son temps. Supérieur à tous ses contem-porains dans le genre épique, il est même déclaré, par FrédéricSchlegel, le plus grand poète que l’Allemagne ait jamais produit (1).Aussi remarquable par l’élévation de ses sentiments et par la puretéde sa morale que par le talent, il met dans ses ouvrages une décenceinconnue de la plupart des poètes du moyen âge et surtout destrouvères. Lachmann a donné une excellente édition des œuvresauthentiques de ce minnesinger; elle contient le Parcival , Willehalm(non achevé), deux fragments de Tilurel et les huit chansons d’a-mour (2).
Walther de Vogelweide fut un des minnesinger les plus remar-quables du treizième siècle, particulièrement dans le genre lyrique ;cependant on ne sait rien de précis ni sur la date ni sur le lieu de sanaissance et la plupart des événements de sa vie sont égalementinconnus. Von derHagen aécrit sur ce poète chanteur une dissertationqui remplit trente pages in-quarto à deux colonnes (3), sans résoudreaucune de ces questions biographiques. 11 y fait l’histoire de l'Alle-magne depuis l’année 1198 dans laquelle l’empereur Frédéric IIsuccéda, à l’âge de quatre ans, à son père Henri VI, en vue dedécouvrir l’époque où Walther fut attaché à ce prince ; cependant ilne put parvenir à savoir s’il était né en Autriche ou dans le cantonsuisse de Thurgovie, où il y avait un château de Vogelweide. Ce quin’est pas douteux, c’est que Walther fut un des champions de lalutte poétique de la Wartbourg : le (poème anonyme sur cet événe-ment montre qu’il y prit une part très-active. On voit aussi, dansquelques passages des poèmes de Wolfram d’Eschenbacli, qu’ilsétaient tous deux dans le même temps, à Eisenach, les hôtes du land-grave Hermann de Thuringe. Il parait, par quelques traits desmêmes poèmes, que Walther de Vogelweide avait plus d’aménitédans le caractère que son rival en poésie et qu’il était un peu le poètelouangeur de cour. Wolfram lui reproche de témoigner une égalebienveillance au bon et au méchant. Il y a lieu de croire que l’unet l’autre ne s’éloignèrent d’Eisenacli qu’après la mort de leur pro-
(1) Schlegel, Europa, II, 138.
(2) Bertin, 1833, in-8°.
(3) Minnesinger^ IV e partie, p. 1G0-190.