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HISTOIRE GÉNÉRALE
poli d’un monde d’élite. C’est ce que nous avons fait voir dans lesbiographies abrégées des plus illustres poètes. Telle fut l’époque oùbrillèrent les minnesinger, c’est-à-dire la période qni s’étend delàlin du douzième siècle à la fin du treizième.
Cependant les guerres de l’Orient avaient endetté les petits souve-rains de l’Allemagne, à cause de leurs dépenses exagérées poursoutenir l’éclat de leur nom ou de leur rang; les longues luttesde l’interrègne qui précéda l’élection de l’empereur Rodolphe deHabsbourg achevèrent de les ruiner. Déjà, vers l’année 1300,leurs cours, naguère si brillantes, étaient devenues tristes, et leschants avaient cessé de s’y faire entendre. La vie politique s’enétait en partie retirée, pour aller animer les grandes villesde Francfort, Nuremberg, Mayence et Strasbourg. Par lesmêmes circonstances, la poésie et le chant passèrent des châ-teaux aristocratiques dans les demeures de la bourgeoisie, et lesmeistersànger succédèrent aux minnesinger. Un des derniers vi-vants de ceux-ci, Henri Frauenlob , fut en même temps le premierdes meistersànger. On ignore si ce nom de Frauenlob, qui signifiepanégyriste des dames, était le sien ou si ce n’est qu’un surnom. Unmanuscrit de Würzbourg, lequel contient quelques-unes de ses poé-sies, le désigne ainsi : maître Henri de Meissen appelé Froiœenlop( Meisler Heinrich von Meissen gênant Frouicenlop ) , et le chroniqueurAlbert de Strasbourg parle de lui en termes équivalents. Quoi qu’ilen soit, il parait certain qu’il était né en Misnie et peut-être à Meissenmême , où il fut élevé à l’école des pauvres annexée à la cathédrale.Les plaintes sur sa misère, qui se trouvent en plusieurs endroits deses ouvrages, prouvent qu’il était né d’une famille indigente. Sortide l’institution charitable où il avait fait toutes ses études, il cher-cha des moyens d’existence dans la vie vagabonde des minnesinger,dont aucun ne parait avoir parcouru autant de pays divers. 11visita les cours du rpi de Danemark Éric VIII, du duc Henri deMecklenbourg, du landgrave de brandebourg, de l’évèque deBrême, de Henri de Breslau, de Winceslas I er , roi de Bohême,'del’empereur Rodolphe, du duc de Bavière et du duc de Carin-thie. Il suivit Rodolphe de Habsbourg dans sa campagne contreOttokar, roi de Bohême, et assista à la bataille de Marchfeld,où ce prince trouva la mort (1278). Plus tard, on le voit àPrague, puis à Rostock, en 1311; mais Mayence fut la ville où il