DE LA MUSIQUE.
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yeux que de graves et nombreuses absurdités, gravis et multiplex ab-surdilas; ils considèrent comme indigne de ceux qui veulent vivrerégulièrement de chanter les louanges de Dieu d’une manière si ir-régulière, indigne videbalur qui regulariter vivere proposuerunt, hosirregulariler laudes Dei decantare ; ils en ont éliminé et expulsé l'or-dure des faussetés ainsi que des ineptes et illicites licences, eliminalafalsitatum spurcitia expulsisque illicitis ineptorum licenlns : on ne doitni s’étonner ni être blessé de trouver dans le nouvel antiphonaireautre chose que ce qu’on a entendu jusqu’alors, aliter quam hucus-que audierit, et qui est changé dans la plus grande partie, in pleris-que mutatum, etc. » On retrouve dans ce jugement de la tradition ro-maine du chant liturgique, exprimé en termes peu mesurés,l’esprit gaulois qui s’était prononcé avec aussi peu de retenue dansla discussion intervenue à Rome, quatre siècles auparavant, entreles chantres de la chapelle pontificale et ceux de Charlemagne. Lespremiers possédaient une habileté d’exécution à laquelle les autres nepouvaient pas atteindre ; de plus, la foi fut toujours plus austère dansles Gaules qu’en Italie; on n’y admettait pas, dans le culte, les orne-ments mondains dont le goût ausonien s’accommodait; de là la di-vergence d’opinion concernant le chant propre à l’Église. Ce qui estsurtout remarquable, c’est la déclaration franche et nette par la-quelle finissent les passages cités ci-dessus, à savoir que l’antiplio-naire cistercien contient un autre chant que celui qu’on a entendujusqu’alors. On y reconnaît l’esprit dominateur de saint Bernard, ré-dacteur de la préface; ainsi parlait celui dont l’autorité était sigrande, qu’il écrivait au pape Eugène III, on dit que je suis plus papeque vousl Au reste, la déclaration est exacte : le chant cistercien estautre que l’ancien chant grégorien; à vrai dire, il n’en est que lesquelette. Nous allons expliquer, aussi rapidement que nous pour-rons, quel fut le principe de cette transformation.
Bien qu’il soit difficile de déterminer avec précision les époquesoù certaines choses relatives au chant liturgique ont été faites ou ontcessé d’être en usage, il paraît certain que ce furent les cisterciensqui firent la première séparation des chants du graduel et de ceuxde l’antiphonaire, tous les manuscrits antérieurs au douzième siècleque nous avons vus n’ayant que les chants de l’office du matin etdes messes, ou ceux du matin et du soir : ce n’est qu’au treizièmesiècle qu’on trouve des antiphonaires contenant seulement les chants