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Tome cinquième.
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HISTOIRE GÉNÉRALE

Les signes marqués par des points dans ce fac-similé sont ceuxqui, dans le manuscrit, ont été effacés et ne laissent plus visibles quede faibles traces.

Les suppressions de cette espèce ne se voient que dans les ma-nuscrits de la fin du quatorzième siècle et du quinzième ; les gra-duels du treizième siècle sont intacts, ce qui indique qu’alors lestraits vocalisés étaient chantés tels qu’ils y sont écrits. 11 résulte deces faits la preuve que le graduel cistercien ne fut adopté que dansles monastères de cet ordre. Il n’en fut pas de même pour l’antipho-naire dont les chants, ainsi que nous l’avons dit précédemment,sont d’origine européenne, y compris la psalmodie, et dont le carac-tère est simple. Le travail des réformateurs cisterciens y fut, par celamême, beaucoup plus limité : la comparaison que nous avons faitede leur antiphonaire avec les manuscrits des treizième et quatorzièmesiècles ne nous a fait voir que des variantes peu importantes : l’a-doption de l’antiphonaire réformé par la plupart des églises n’estdonc pas douteuse et l’on en fit usage même en Italie, ainsi que leprouvent les anciennes éditions des Juntes de Venise et de Florence.Les nombreux monastères de cisterciens donnaient à ce même ordreune influence considérable : saint Bernard seul en avait fondésoixante-douze; vers l’année 1200 on en comptait cent soixante dansles diverses parties de l’Europe.

Ainsi qu’on aurait pu le prévoir, la réforme cistercienne fut bientôtimitée. On ne doit ni s'étonner ni être blessé de trouver dans notre an-tiphonaire un autre chant que celui qu’on connaît, avaient dit les au-teurs de ce travail : c’était dire qu’on pouvait chanter autre choseque le chant de saint Grégoire, ce que personne n’imaginait alors,à l’exception de l’Église de Milan, qui conservait la tradition duchant ambrosien. Ce chant de saint Grégoire, on l’altérait depuislongtemps sans le savoir; on l’exécutait fort mal ; mais il n’en étaitpas moins l’objet de la vénération inspirée par le nom de son au-teur. Cependant, après avoir vu des hommes tels que saint Étienne,abbé de Clteaux, et saint Bernard en parler avec peu de ménage-ment, on s’enhardit par degrés et des chants particuliers s’établirentdans plusieurs diocèses. C’est ainsi, que par la suite des temps, Sens,Langres, Chartres, Rouen, Auxerre, Lyon, Châlons et d’autres évê-chés eurent leurs graduels et antiphonaires particuliers. Là ne s’ar-rêta point cette production de chants plus ou moins rapprochés du