DE LA MUSIQUE.
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chant grégorien, plus ou moins différents : les moines de divers or-dres eurent aussi, à des époques plus ou moins postérieures, des livresspéciaux de leurs offices. C’est ainsi qu’on a des manuels de chant àl’usage des Dominicains, des Augustins, des divers ordres sous l’in-vocation de saint François, à savoir les Récollets, Capucins et Frèresmineurs ; on en a aussi pour les Olivétains, Prémontrés, Oratoriens,Carmes et Chartreux, tous différents en quelque partie. Dans cetteénumération ne sont point compris les offices complets d’un grandnombre de saints, patrons de certaines localités.
Au moyen âge remonte l’origine de certains chants appelés farcis :il y en avait de plusieurs espèces, les uns entièrement latins, lesautres mêlés de langue latine et de langue romane. L’usage des unset des autres n’a jamais été général. Les chants latins farcis au-raient été mieux désignés par le mot interpolés. Il en était aussi dansla seule langue romane : ils n’étaient pas mieux nommés, puisquele mot farce signifiait autrefois le mélange de plusieurs choses dif-férentes. .
Parmi les chants latins farcis, on remarquait les Kyrie eleison,Christe eleison, qui se chantent au commencement de la messe, aprèsVintroït. Au lieu de chanter simplement trois fois Kyrie eleison, ony intercalait des espèces de paraphrases telles que celles-ci :
Kyrie, forts bonitaiis, Pater ingenite, a quo botta cuncta procédant, eleison.
Christe, cœlitus adsis nostris precibus, quas pro oiribus, ore, corde, actuquepsallimus, eleison. •
Kyrie, Spiritus aime, pectora nostra succende, ut digni pariter proclamaresemper posslmus, eleison (1).
Une messe à trois voix, composée à la fin du quatorzième sièclepar un savant musicien belge, nommé Guillaume Dufay, a des Kyrieet Christe farcis différents de ceux-là ; les voici :
Kyrie, omnipotens Pater ingenite, nobis miseris eleison ; Kyrie , qui proprioplasma tuum Filio redemisti, eleison; Kyrie, Adonay, nostra dele crimina pie-bique lue, eleison.
Christe, salus hominum vitaque eterna Angelorum, eleison.
Kyrie, Spiritus parachjte largitorque renie, eleison ; Kyrie, carismatum dator,laigissime clemens, eleison (2).
(1) Roquefort, ne /’état de lapoésie française aux XII e et XIII e siècles, p. 252.
(2) Manuscrit de la Bibliothèque royale de Bruvelles, n° 5551, in-fol.