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HISTOIRE GÉNÉRALE
Ces Kyrie farcis se chantaient aux fêtes solennelles, sur des airsparticuliers. Il y en avait qui étaient farcis en français et qui étaientencore en usage au commencement du dix-huitième siècle, dans lediocèse d’Auxerre, le jour de Noël. Ils commençaient ainsi :
Kyrie
Le jour de NoëlNaquit EmmanuelJésus le doux fils Dieu éternel !
Eleison.
Les strophes de ce Kyrie , au nombre de neuf, se chantaient sur undes vieux airs bourguignons appelés Noëls.
Dès le septième siècle, on chantait déjà, dans certaines provinces,des épitres farcies en latin (1). On en chantait encore une à Brioude(Haute-Loire), dans le dix-huitième siècle, à la fête de saint Ni-colas (2). Ces épitres étaient des paraphrases du texte même derépitre du jour. Le chant de ces pièces était une mélodie popu-laire.
Quant à l’introduction d’une langue vulgaire dans le chant duservice divin, elle tire son origine de l’époque où le peuple n’en-tendait plus le latin, ou du moins ne le savait plus assez pour qu’iln’y eût pas pour lui des obscurités dans les textes historiques du Nou-veau Testament. Déjà, en 815, le concile de Tours imposa aux ec-clésiastiques l’obligation de prêcher en roman (3). Peut-être n’est-ilpas exact de dire, comme M. Magnin, que toutes tes églises retentirentpendant les dixième et onzième siècles d’une foule d'hymnes et de prosesfarcies (1), mais il est hors de doute qu’à certaines fêtes de saints,
(1) Martene, de Antiquit. eccles. rit., lib. I, cap. 3, art. 2.
(2) M. Édélestan Du Méril a publié une de ces épitres farcies, pour la fête de saint Jean,dans ses Poésies populaires latines du moyen âge, p. 58, d’après le manuscrit 1139 de laBibliothèque nationale de Paris : on y voit alternativement le texte de l’épître et la para-phrase ou farce, laquelle était limée et mesurée par le nombre de syllabes, comme on le voitpar ce commencement :
Ad laudemregis gloriazFox intonet Ecciesiœ !
Propter Jo (/i) annis mérita , I
IIœc recita prœconia l
(3) Et ut easdem homilias quisque (episcopus) aperte transferre studeat in rusticam roma-«am linguam aut theotiscam, quo facilius cuncti possint intelligere quae dicuntur. — Collec-tion des conciles de Labbe, tom. Vil, col. 1263 .
(4) Journal des Savants, 1844, p. 23.