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Tome cinquième.
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HISTOIRE GÉNÉRALE

« des religieuses de la Sainte-Trinité de Caen.Dans la fête des

« Innocents, elles chantent les leçons du jour avec farce (1). » Lemélange de deux langues, dont une vulgaire, n’était employé, danscertaines églises, que pour les parties historiques des actes des Apôtreset de l’Évangile; cependant un ancien manuscrit contient les pro-phéties d’Isaïe et les psaumes farcis (2) ; mais rien n’indique qu’onen ait fait usage dans les églises.

Dans les premiers temps, lorsque l’on célébrait l’office divin,dans la France méridionale, suivant le rite grec, le peuple, n’en-tendant que le latin et prenant une part active à la célébrationde cet office, chantait les psaumes et les hymnes en cette langue,pendant que les prêtres et les clercs les chantaient en grec (3).Longtemps après et jusque dans le dix-huitième siècle, les chanoinesde l’abbaye de Saint-Denis chantèrent la messe de saint Denis Aréopa-gite en grec; mais l’épltre et l’Évangile se chantaient alternativementen grec et en latin : il en était de même dans les cinq grandes fêtesde l’année (4). On voit que le mélange des langues dans le chant del’Église remonte à une époque très-ancienne.

CHAPITRE CINQUIÈME.

LA MUSIQUE DANS LES DIVERSES FORMES DU DRAME AU MOYEN AGE. - LE

DRAME LITURGIQUE. - LES FÊTES DES FOUS ET DE l’aNE. — LA DANSE

DANS LES ÉGLISES. — MIRACLES ET MYSTÈRES. - JEUX ET COMÉDIES

AVEC CHANT.

Notre dixième livre a fait voir, aux premiers temps du christia-nisme en Orient, le peuple acteur dans le grand drame de la Messe,selon saint Jacques d’abord, puis selon saint Basile et saint Jean-

(1) Visitavimus monasterium monialium Sanctæ Triuitatfs Cadomensis.... in festo Innocen-tiura cantant lectiones suas cum farsis. — Regestrum visitationum , publié par M. Bonnin ,

p. 261.

(2) Biblioth. nation, de Paris, n° 7693, fol. 183.

(3) Adjecit atque compulit ut laicorum popularitas psalmos et hymnos pararet ; alta et modu-lata voce, instar clericorum, alii græce, alii latine prosas antiphonasque cantarent, etc. —Saint Cyprien, Sancti Cæsarii Vlta , lib. I, c. 11.

(4) Martene, De antiquis Ecclesiæ ritibus, t. T, p. 278.