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Tome cinquième.
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DE LA MUSIQUE.

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Ce chant, que nous avons retrouvé dans un manuscrit du quin-zième siècle contenant l’office de l’Assomption, était suivi de l’ex-clamation suivante, chantée par les pasteurs tournés vers le chœur :Alléluia! alléluia! Jam vere scimus Chrislum nalurn in terris de quocanite omnes cum proplielis dicentes. Après ce dernier chant commen-çait la messe de minuit.

Tel était donc ce premier drame liturgique, sauf de certainsusages locaux qu’on remarquait dans l’église de la Madeleine à Be-sançon ; à Rouen, à Nantes et ailleurs : ainsi, dans la première deces villes, l’Ange était représenté par une belle jeune fille parée etavec des ailes (1); à Rouen, au lieu de dire aux bergers, lorsqu’ilsarrivaient au lieu où était la crèche : Quem quæritis ? le prêtre chan-tait : Quem vidislis, pastores ? à quoi ils répondaient : Natumvidimus (2);à Nantes, après les paroles du chantre : Pastores, dicite , c’étaient lesenfants de chœur qui répondaient : Infanlem vidimus (3). Le spectaclemis sous les yeux du peuple, dans cette circonstance, avait pour butde porter l’émotion religieuse dans son âme par le sentiment de vé-nération , par la simplicité du sujet, par le lieu de la scènè, par lerapport des personnages avec lui-même, enfin, par l’heure mysté-rieuse choisie pour la représentation. Le silence de la nuit avait étéreconnu si nécessaire à l’effet qu’on voulait produire, que les messesde l’aurore et du jour - n’étaient plus précédées du même spectacle.Remarquons aussi que, pendant toute cette action, le chant ne ces-sait pas; or, quiconque a entendu le chant religieux la nuit, dansl’enceinte des vastes églises construites au moyen âge,s’il n’est in-sensible, sait qu’il en a ressenti une émotion profonde.

La fête de l’Épiphanie est en quelque sorte le second acte de laNativité, ayant pour objet l’adoration de l’enfant Jésus par les magessortis de l’Orient et guidés par une étoile, suivant l’Évangile desaint Matthieu (4) : de ces mages, la tradition a fait des rois. L’Églisegrecque d’Orient n’avait pas institué de fête de la Nativité dans l’ori-gine du christianisme, mais elle fêtait solennellement l’Épiphanie :saint Jean Chrysostome nous informe de ce fait dans son cinquante et

(1 ) Marteue, Deantiquîs Ecclesîæ ritibus, 1. IV, c. 10, §30.

(2) Idem., L. IV, f. 12, 13.

(3) Ibid., L. IV, c. 12, 16.

(4) Cliap. 11, 1-11.