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HISTOIRE GÉNÉRALE
unième discours, disant que, dix ans seulement auparavant (388),la fête de Noël avait été instituée à Antioche. On voit aussi, dansl’ancien ordre romain des fêtes de l’Église, que la solennité de l’Épi-phanie est placée au-dessus de celle de Noël (1). Plusieurs érudits,dans leur juste enthousiasme pour les arts du treizième siècle, sonttoutefois tombés dans l’erreur lorsqu’ils se sont persuadés que l’ori-gine du drame liturgique date de cette époque, ou, au plus tôt, dudouzième siècle : trois cents ans auparavant il existait de ces dramespour l’Épiphanie et la fête des saints Innocents; ils étaient entière-ment chantés. Un évangéliaire du dixième siècle en a fourni un del’Adoration des mages à M. Clément; il s’en trouve un autre dans unrecueil d’homélies du neuvième siècle, à la bibliothèque royalede Munich ; le manuscrit latin de la Bibliothèque nationale de Paris,n° 1139, du onzième siècle, le contient également. L’importancede ces monuments, tant pour l’histoire de la musique que pour cellede la liturgie au moyen âge, nous détermine à présenter à nos lec-teurs le résumé du drame de Munich (2). Ce drame a pour titre :
herodes sive magorum adoratio (Mss. de Munich, n° 6264, fol. 1.)
Les deux sujets des Évangiles d’après saint Luc et saint Matthieusont ici réunis.
L’ange dit d’abord simplement aux bergers : Pasteurs, je vous an-nonce une grande joie (3) ; puis les bergers chantent : Rendons-nousà Bethléem et voyons ce Verbe, après' quoi ils entonnent le Gloria inexcelsis. Après le départ des bergers arrive le premier mage qui dit :L’étoile brille d'un grand éclat; le second le suit et répond : Elle an-nonce que le roi des rois est né; le troisième ajoute : Cet événement futprédit autrefois par les prophètes. Tous trois se réunissent ensuite
( 1 ) Ordo Romanus in vigilia tlieophaniæ.
(2) M. Weinholb a donné ce mystère dans son livre intitulé Weinachtspiele und Lie-der, Graetz, 1853, p. 5G-61, d’après un fac-similé des pages du manuscrit de Munich qui lecontiennent, et y a ajouté des variantes et des notes, non d’après d’autres manuscrits anciens,mais d’après ce que le P. Martene a rapporté d’un ancien rituel de l’église de Rouen (ou-vrage cité, édition d’Anvers, 1764, t. III, p. 43) et d’après la publication de M. Wright :Earljr mysteries and otker latin poem of the 12 et 13 centuries, London, 1838, 8°, p. 23-28).
(3) Angélus iuquit imprimis :
« Pastores, annuntio vobis gaudium magnum. »