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HISTOIRE GÉNÉRALE
été adopté par l’Église. Peut-être peut-on en conclure aussi que l’au-torité ecclésiastique n’a pas voulu, dans les anciens temps, fêter unjour rempli par les profanations qui souillaient la plupart des églisesle premier janvier.
La persistance de ces désordres pendant tant de siècles, en dépitdes censures des conciles et de quelques prélats, donne beaucoup depoids à cette conjecture. Rien, en effet, ne peut causer plus d’éton-nement que de voir se perpétuer, pendant neuf ou dix siècles etmême davantage, les révoltantes folies que nous avons décritesd’après le témoignage respectable d’une faculté de théologie con-temporaine de ces faits. On se demande en vain quelle était la puis-sance souveraine qui maintenait un tel abus, non-seulement con-damné par les conciles dont nous avons parlé, ainsi que par les déci-sions de plusieurs papes, mais qui résistait également aux mande-ments des évêques dans leurs propres diocèses et les rendait de nuleffet. C’est ainsi que deux ordonnances d’Eudes de Sully, évêque deParis, l’une de 1198, l’autre de l’année suivante, ayant suppriméla fête des fous dans cette ville, et ayant été renouvelées en 1208par le successeur de cet évêque et corroborées par l’ordonnance ducardinal légat qui frappait d’excommunication quiconque prendraitpart à cette fête, elle se conserva néanmoins pendant près de cinqcents ans encore. Un ancien historien français nous apprend que lepremier de ces mandements ordonnait aux chanoines et aux clercs dese tenir au chœur, dans leurs stalles, avec gravité et modestie, lejour de la Circoncision : il y était dit que l’orgue accompagneraitle chant pendant l’office divin, circonstance remarquable à cetteépoque. Le mandement de 1199 eut pour objet la suppression desextravagances faites à la fête de saint Étienne par les sous-diacres.Pour mettre un terme aux scandales de ces deux jours, l’évêque as-signait une rétribution extraordinaire aux chanoines et aux clercs quiassisteraient et chanteraient aux matines et à la messe , sous la con-dition d’en être privés si les désordres recommençaient (1). Le fait leplus singulier à ce sujet est révélé par le vingt et unième concilede Paris, tenu en 1212 , sous la présidence du cardinal légat Robertde Coiwçon, pour la réforme du clergé séculier et régulier : on voit
(1) Histoire de la ville de Paris, par D. Michel Félibien, revue et publiée par D. Lobiueau(Paris, 1725, 5 vol. in-fol.), t. I, p. 224.