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Tome cinquième.
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DE LA MUSIQUE.

qu’il y fut fait défense aux archevêques et évêques de faire la fêtedes fous où l’on porte des bâtons : a feslis follorum ubi baculus acci-pilur omnino abstinealur (1). Après cette défense faite aux archevêqueset évêques, le concile l’étend plus expressément encore aux moines etaux religieuses : idem fortius monachis et monialibus prohibimus. Onpourrait croire qu'après des défenses si souvent renouvelées, cesfêtes scandaleuses et ridicules vont enfin disparaître ; cependant onles voit condamnées, deux siècles plus tard, au synode de Langres,en 1404; plus tard encore au concile général de Bâle, en 1435, auconcile provincial de Rouen, en 1445, au concile provincial deReims, en 1456, au concile provincial de Sens, en 1528 , aux statutssynodaux d’Orléans , en 1525 et 1587 , au concile provincial de Nar-bonne, en 1551, au concile provincial de Cambrai, en 1565, enfin,aux statuts synodaux de Lyon, en 1566 et 1577. Il y a lieu de croireque la disparition totale de ces désordres eut pour cause principalela haine qui anima, en France, les catholiques contre les huguenots,et la nécessité d’avoir plus de retenue, en présence de la rigidité demœurs de ces protestants.

Les conciles et les mandements des évêques ne mentionnent pasd’autres chants de la fête des fous que les chansons vulgaires et obs-cènes qui s’y faisaient entendre ; il est à supposer en effet qu’on n’ychantait pas autre chose au lutrin, ce qui complétait cette farcemonstrueuse. On y jouait aussi des instruments pour la danse dessous-diacres, puisque le concile de Sens, de 1528, défend aux bouf-fons d’entrer dans les églises pour y jouer du tambour, de la harpe oude quelque autre instrument servant à la danse, notamment à lafête des fous. Le concile provincial de la même ville, tenu en 1485,interdit ces danses aux ecclésiastiques dans les églises (2). Dans lacathédrale d’Auxerre, une danse très-ancienne des chanoines, ap-pelée pilota , se- faisait au son des instruments ; elle fut supprimée pararrêt du parlement (3). Dans son Rationale divinorum officiorum, Du-rand, évêque de Mende, mort en 1296, rapporte que le jour de Noël,après vêpres, les diacres dansaient dans l’église en chantant uneantienne en l’honneur de saint Étienne ; que les prêtres en faisaient

(1) Conc. edit. Labb t. XI, p. I, p. 79.

(2) Cap . 3, art . 1.

(3) Mercure de France, mai 1726, p. 911.