Band 
Tome cinquième.
Seite
134
JPEG-Download
 

134

HISTOIRE GÉNÉRALE

que cet office a été destiné à la fête de la Circoncision, les an-tiennes , répons et versets des Vêpres, Complies, Matines, Laudes etHeures, appartenant à ce jour; mais il n’a pas eu plus de succèspour les réformes qu’il devait opérer, que n’en eurent les condamna-tions des fêtes des Fous, des Innocents ou autres par les conciles ; carce qui fut dit aux assemblées tenues à Sens même en 1460, 1485 et1528, prouve que les extravagances et les impiétés de ces fêtes étaienttoujours en usage.

Le drame liturgique en langue latine qu’on a attribué, dans plu-sieurs écrits, au treizième siècle, et dont nous avons démontré l’exis-tence et le caractère poétique dès le neuvième, disparaît au contraireà l’époque où l’on a cru le voir naître : ce fut alors que le drame enlangue vulgaire lui succéda. Celui-ci prit également ses sujets dansle Nouveau-Testament et dans les légendes des saints. Dans le tempsmême où se produisaient les drames de ce genre , sous les noms demiracles, mystères et moralités, naissaient la comédie et la farce.Dans les Miracles et les Mystères, ainsi que dans la farce, la musiqueavait son emploi, mais elle n’y était plus permanente comme dansles drames liturgiques. Toutefois il faut faire une exception pour leMystère : les Vierges sage set les Vierges folles, qu’on voit, avec d’autrespièces, dans un manuscrit provenant de l’abbaye Saint-Martial, le-quel est à la Bibliothèque nationale de Paris, sous le n° 1139, ainsique nous l’avons déjà dit. La partie du manuscrit où se trouve leMystère dont il s’agit est du onzième siècle, suivant l’opinion deFauriel (1), partagée par Raynouard (2) et M. Francisque Michel (3).Ce Mystère, dont une partie est en latin et l’autre en langue d’oc, estentièrement noté pour être chanté. Il est remarquable que, pas plusque l’abbé Lebeuf (4), ces critiques n’aient reconnu que le Mystère lesVierges sages et les Vierges folles se termine par les paroles du Christ :

Alet, chaitivas! Alet, malaureas!

A cet jors mais vos so panas livras,

En al'ern ora seret menéas (5).

(1) Dans une lettre qu’il nous écrivit le 12 mars 1827.

(2) Choix de poésies originales des troubadours, t. II, p. 130.

(3) Théâtre français au moyen âge, p. 2.

(4) Dissertations sur Thistoire ecclésiastique et civile de Paris, t. II, p. C5.

(5) «Allez, chétives I allez, malheureuses!

« A toujours désormais vous serez aux peines livrées,

« En enfer vous serez menées. »