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DE LA MUSIQUE.
Cependant il est de toute évidence que ce qui suit, dans le manus-crit, est étranger au sujet de cette pièce, dans laquelle le Christaccomplit sa mission suprême du dernier jour, en séparant les bonsdes méchants et en condamnant ceux-ci aux peines éternelles. Aprèsses dernières paroles, les démons sont venus et ont précipité lesvierges folles dans l’enfer : tout est donc fini. Ce qui suit est la fête dela naissance de l’Enfant Jésus (1), c’est-à-dire la Fête des Anes , qui secélébrait dans la nef de la cathédrale de Rouen le jour de Noël et dontnous avons dit plus haut que I)u Gange a donné la description au motFestum Asinorum de son Glossaire , avec les rubriques et les premiersmots des interrogations et des réponses, d’après un ordinarium ma-nuscrit de cette cathédrale. On a vu que le sujet de cette espèce dedrame liturgique, en langue latine, est une évocation des prophèteset de tous ceux qui, dans l’antiquité, ont prédit ou pressenti la venuedu Messie : or les personnages sont les mêmes, et seulement plusnombreux, dans Y ordinarium de Rouen que dans le manuscrit deSaint-Martial de Limoges ; dans l’un et dans l’autre les paroles desdemandes et des réponses étaient identiques, si l’on en juge d’aprèsles premiers mots rapportés par Du Cange. Ce drame était suivi de lamesse, et tous les personnages chantaient au chœur Pater nosler,Kyrie, Gloria, etc. On voit donc qu’il n’y a rien dans tout cela quiait quelque rapport avec le Mystère les Vierges sages et les Viergesfolles. Quant à celui-ci, la plus grande partie, depuis les mots Nosvirgines, qui ad vos venimus, etc., se chantait sur la mélodie dontnous avons donné le fac-similé et la transcription en notes modernesdans le onzième livre de cette Histoire (2).
Les miracles des treizième et quatorzième siècles sont à peu prèstous composés en l’honneur de la Vierge Marie, la plupart sous letitre de Miracle de Noslre-Dame. Ces pièces étaient parlées; il nes’y trouvait qu’un ou deux morceaux chantés, lesquels sont ap-pelés rondels (ou rondiaux). Nous avons fait connaître, au deuxièmechapitre de ce douzième livre, la forme des chants de cette espèce,écrits en vers de huit syllabes, dont on répétait les deux pre-miers vers au milieu du couplet et les trois premiers à la fin. De
(1) Théâtre français au moyen âge , p. G, depuis les mots : Omnes gentes.(fl) Histoire générale de la musique^ t. IV, p. 488-489.