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Tome cinquième.
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DE LA MUSIQUE.

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nous mettons en première ligne la harpe, les écrivains de cetteépoque en parlant toujours comme du plus important de tous. L’usagede la harpe, pour l’accompagnement de la voix, depuis le onzièmesiècle jusqu’au seizième, est démontré par un si grand nombre depassages de poètes et de prosateurs, ainsi que par des représentationspeintes, dessinées ou sculptées, que si l’on voulait tout citer, onferait un volume dont l’utilité serait fort contestable. Nous avonsétabli, au livre précédent, que cet instrument était connu sur lecontinent, dès le neuvième siècle, sous le nom de cilhara anglica , cequi démontre d’où il était venu. Les diverses dimensions sous les-quelles la harpe est représentée sur les monuments n’en changentpas la forme et prouvent qu’elle était toujours portative. Dans lemodèle du neuvième siècle que nous avons mis sous les yeux deslecteurs, la harpe a douze cordes ; leur nombre s’accrut par la suiteprogressivement; au temps de Guillaume de Machau, c’est-à-direau quatorzième siècle, ce nombre s’était élevé jusqu’à vingt-cinq,ainsi qu’on le voit dans le Dict de la harpe où ce poète-musicien com-pare les perfections de sa maîtresse aux vingt-cinq cordes de get ins-trument :

De vingt-cinq cordes que la harpe haDont roi David par maintes fois harpa (1).

Lorsqu’on jouait, au moyen âge, de cet instrument portatif, on enappuyait la base sur les genoux si l’on était assis, ou on le portaitsuspendu par un lien passé autour du cou si l’on était debout. Laharpe se jouait d’une seule main quand on se bornait à soutenir lavoix par les sons de l’instrument; on employait les deux mains pourl’exécution de certains passages qui offraient quelque difficulté, oulorsque, dans les quatorzième et quinzième siècles, on jouait à deuxparties, ou enfin, quand on faisait quelques accords, comme on levoit dans les anciennes tablatures.

Le psaltérion, après avoir eu les formes grossières des neuvièmeet dixième siècles qu’on a vues au quatrième volume de cette His-toire (p. 493), fut, par la suite des temps, amélioré dans sa construc-tion. Au douzième siècle, il était devenu, d’après les modèles arabesrapportés par quelques croisés, un instrument régulier, ayant une

(1) Mss. de la Bibliothèque nationale de Paris, n° 7221, fol. 104 recto et suiv.

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