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HISTOIRE GÉNÉRALE
caisse dans la forme d’un triangle tronqué au sommet, avec les côtésplus ou moins cintrés. La table d’harmonie était percée d’une, deux,trois ou quatre ouïes; en général, elle en avait trois. Les cordesétaient métalliques (1) : suivant Gerson, elles étaient d’argent ou faitesd’un mélange de ce métal et d’or : leur son aigu obligeait à les fairerésonner avec délicatesse. Le nombre de ces cordes était très-va-riable ; la figure du chapiteau de Bocherville n’en a que six ; lepsaltérion dont parle Notker Balbulus était décacorde (2) ; d’autres duonzième siècle avaient douze ou quinze cordes; mais, au treizième, lenombre en fut augmenté. M. de Coussemaker en a publié une figure,d’après le dessin tiré d’un manuscrit du quatorzièmesiècle où l’on en compte trente-deux (3). Nous pos-sédons un psaltérion fait au seizième siècle qui atrente-huit notes à cordes doubles ; les soixante-seizechevilles sont placées au côté droit du triangle. Labase de ce triangle a une longueur de 0 m ,60; les cô-tés, qui sont droits, ont 0”,27 et le sommet tronqué0 m ,22. Les cordes sont en acier; la table n’a que deuxouïes. Nous donnons ici la figure d’un psaltérion duXIV e siècle.
Au moyen âge, on jouait du psaltérion en appuyant l’instrumentcontre la poitrine, le grand côté tourné vers le haut, comme on levoit dans cette figure; mais depuis le seizième siècle, on le plaçaitsur les genoux ou sur une table. On en pinçait les cordes avec lesdoigts ou avec des plectres faits de plumes d’aigle. Dans les tempsmodernes on a joué de cet instrument en frappant les cordes avecde petites baguettes. On trouve, en Hongrie, deszingari oubohémiensqui possèdent une habileté prodigieuse dans l’art de jouer de certainspsaltérions de grande dimension appelés tympanons, et qui exécutentdes traits fort difficiles dans un mouvement rapide.
(1) Habet insuper chordulas vel argenteas vel ex electro, quasi tinnientes leviusque tangen-das. Gerson, Opéra omnia, t. III, p. 627.
(2) Sciendum est quod antiquum Psalterium instrumentum decachordum utique erat, in hâcvidelicet deltæ litteræ figura multipliciter mysticâ. Sed postquam illud symphoniaci quidem etludieratores, ut quidam ait, ad suum opus traxerant, formam ulique ejus et figuram commo-ditati suæ habilem fecerant et plures cliordas annectentes et nomine barbarico Rottam appel-lantes, mysticam illam Trinitatis formam transmutando. Nolkerus, in Symbolum Athanasii,apuifSchilterum, Glossarium teutonicum, voce Rotta.
(3) Annales archéologiques, t. IX, p. 332.