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Tome cinquième.
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DE LA MUSIQUE.

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Nous avons dit (tome I er de cette Histoire, p. 391) que le psaltériontire son origine du santir ou pisantir des Arabes; il en a pris éga-lement son nom qui, dans le moyen âge, a été altéré sous toutes sesformes : psalleire, psallère , psaltri, saltérion, salteire et salière. Ondonnait aussi au même instrument le nom de demi-canon; nousavons constaté, dans nos Recherches sur la musique des rois de France,depuis Philippe le Bel jusqu'à Louis XIV (1), que, d’après une ordon-nance du mois de mai 1364, Jehan Tonetde Rains (Reims), l’un desménestrels de la chambre de Charles V, était désigné comme joueurde demi-canon. Or, on a vu (tome II, p. 128) que le Qânon des Arabesest le plus grand développement du pisanlir. Le Qânon lui-même futintroduit en France à l’époque des croisades et y fut joué, au moinspendant quelque temps, puisqu’on lit dans le Roman de Cléomades :

Planté d’instrumeDS y avoit,

Vielles et psaltérions,

Harpes, rotes et canons.

Pour la dernière fois, nous revenons sur un sujet que nous avonsdéjà traité, en plusieurs endroits, dans le quatrième volume de cetteHistoire. La rôle était aussi un psaltérion dont on avait arrondi laforme en y ajoutant plusieurs cordes, ainsi que le prouve le passagede Notker rapporté plus haut. Dans la vie de cet écrivain , le moineEkkehard dit qu’on avait donné ce nom à l’instrument, parce qu’ilavait la forme d’une roue de moulin (2). Dans son petit traité demusique en langue théotisque, l’autre Notker, surnommé Labeo etqui mourut en 1022, emploie le nom de rote pour celui de psaltérionet dit que l’instrument était monté de sept cordes, rolûn io sibensieten,ùnde sibene gelichô geuuérbet (3). Comme au psaltérion, le nombredes cordes de la rote fut différent selon les temps et les lieux : onvient de voir qu’un des Notker lui donnait sept cordes ; suivant l’autreécrivain du même nom, la rote en avait dix; au douzième siècle, letroubadour Guiraut de Calençori dit qu’elle en avait dix-sept :

E faits la rotaA XVII cordas garnir.

(Fadit joglar).

(1) Revue musicale , t. XII, p. 218.

(2) Apud Goldast. Rer. Aleman. t t.I,c. 17, p. 25C.

(3) Apud Gerbert.ÆcW/rt. ecclesiast, de musica sacr., t. I, p. 96.