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Tome cinquième.
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DE LA MUSIQUE.

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Les clochettes ou sonnettes ( nolæ)- furent employées au moyen âgecomme instruments de musique : on en voit cinq suspendues à unebarre dans le concert du chapiteau de Saint-Georges de Bocherville, etle mouvement d’un des personnages, nonobstant l’état de dégrada-tion du monument, indique qu’il fait tinter ces petits corps so-nores. On en voit une autre représentation dans une figure tiréepar Gerbert d’un manuscrit de l’abbaye de Saint-Biaise (1). On saitque l’invention des cloches fut faite dans la Campanie aux premièresannées du cinquième siècle, d’où est venu leur nom] de campanæ,ainsi que celui de campanile, donné aux clochers séparés du corpsdes églises. Quant aux clochettes ou sonnettes, saint Paulin, évêquede Nola, dans la même province de l’Italie méridionale, fut, dit-on,le premier qui en fit faire usage dans le service divin, vers 412 : c’estdu nom de cette ville qu’est venu celui de nolæ donné aux son-nettes. Le grelot, autre genre de sonnette beaucoup plus ancien,puisque le grand prêtre du temple de Jérusalem en avait au bas dela frange de sa robe, le grelot, disons-nous, sorte de sonnette sphé-rique contenant de petits corps métalliques qui le font résonner, futemployé au moyen âge comme crotale. Jean de Salisbury le définitainsi, au XIP siècle, dans son livre célèbre le Polycrilicus : « Crotaladicuntur sonoræ sphærulæ, quæ quibusdam granis interpositis proquantitate sui, et specie metalli varios sonos edunt (2). »

Comme partout, les instruments bruyants de percussion furent, aumoyen âge, les tambours et les timbales. Les auteurs de cette époqueappellent le tambour tabur, tabor, labour et même tambour; ils disentaussi taborer, laburer, tambourner, pour l’action de battre le tambour;taboreor, tanbureor et tambourneur, pour désigner celui qui bat letambour. On trouve atissi chez quelques-uns laburicium et laburlumpour tabor. Le traducteur de la Bible historiale, cité par Roquefort (3),dit en note sur le psaume 149 : « Tympan est une manière d’instru-« ments que l’on fiert, et il rent le pareille son et est appelé en fran-« cois labour. » Tymbre était aussi le nom d’un tambour, le plusancien de tous et qu’on trouve chez tous les peuples, dans l’antiquitéla plus reculée; nous voulons parler du tambour de la danse connu

^ (1) De Cantu et Mmica sacra, t. II, tab. XXVI, fig. 3.

(2) Polycrit.,\\b. VIII, c. 12.

(3) De l'État de la poésie française aux XII « et XIII e siècles; p. 116.