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Tome cinquième.
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HISTOIRE GÉNÉRALE

mencement et que tout début est faible dans les arts et dans lessciences : à cette objection, nous répondrons qu’on serait dans l’er-reur, si l’on prenait ce que nous venons d’analyser comme le com-mencement d’un art qu’on pressent et qu’on cherche avant de leconnaître. Les déchanteurs sont des musiciens qui ont fait une sorted’art à leur guise ; c’est systématiquement qu’ils ont écrit leurs ou-vrages, ainsi que nous le prouverons tout à l’heure, en expliquant lesformes diverses qu’ils avaient imaginées. L 'organum de la secondemoitié du onzième siècle avait pu faire croire à un commencementd’art, parce qu’il avait marqué la fin de l’affreuse diaphonie ; mais,au treizième siècle, le sentiment harmonique ne’s’était point éveillé ;on l’avait môme étouffé par des conventions arbitraires qui en sontl’antipode. Nous ferons voir, au quatorzième siècle, le vrai commen-cement de l’harmonie; alors c’est le sentiment qui est le guide, et dèsce moment le progrès ne s’arrête plus. Ce n’est pas à dire pourtant qu’onrompit avec toutes les traditions musicales du treizième siècle, car, sielles n’empêchèrent pas l’harmonie véritable de naître, il en restaune part considérable dans le système de la notation, et dans cer-taines associations de choses incompatibles 'dont nous parleronsplus loin.

Lorsqu’on songe à ce grand treizième siècle qui a produit tantd’œuvres admirables; à la hardiesse ainsi qu’aux beautés de son archi-tecture, à son goût exquis dans tout ce qui tient à la forme ; à larichesse des miniatures de ses manuscrits; à la perfection du travaildans les meubles, les étoffes, et l’ornementation de tout genre ; lors-qu’on se souvient, enfin, que la pensée de l’œuvre du Dante appar-tient à cette époque, et que c’est alors aussi que Cimabue et Giotto,s’affranchissant du joug byzantin, créent la vraie peinture par l’étudede la nature ; on ne peut maîtriser l’étonnement que fait naître,à la même époque, la musique égarée dans une voie sans issue, etdevenue, à force de travail, une des plus prodigieuses extravagancesoù soit tombé l’esprit humain. Et ce qui augmente encore l’étonne-ment à ce sujet, c’est qu’à la même époque, par suite des révélationsde l’Orient aux croisés, une autre musique, compagne de la poésie,faisait entendre ses accents dans les chants des trouvères. Peu variésde caractère et de formes, ces mélodies laissaient désirer, à la vérité,une allure plus vive et plus libre; mais, enfin, c’était le chant, lechant, si naturel à l’homme et pour lequel on voyait les populations

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