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HISTOIRE GÉNÉRALE
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en notation moderne (1), sont plus instructifs et font voir que lesprocédés de fabrication de l’organum étaient les mêmes que ceux desautres déchants, et qu’ils consistaient à réunir plusieurs chants ecclé-siastiques et à les ajuster ensemble, en altérant les valeurs des notes 'et en y introduisant des silences, ce qui n’était pas difficile en y met-tant les barbaries inharmoniques que nous avons signalées. Le mor-ceau de Pérotin que nous avons reproduit est un organum.
Les autres genres de déchants étaient le motet, le rondeau , le con-duit (conductus) et le hoquet. Il est inutile de demander aux didacti-ciens du moyen âge la définition des morceaux désignés par ces noms ;celles qu’ils donnent sont toujours insuffisantes et vagues. A direvrai, les formes sont si peu différentes dans ces déchants, qu’on pour-rait affirmer avec certitude qu’il n’y en avait qu’une seule sous desnoms différents, à l’exception peut-être du rondeau qui, dans certainsmanuscrits, a les mêmes paroles pour les diverses voix, mais qui, dansle manuscrit de Montpellier, se présente avec deux sujets sur des pa-roles françaises et un ténor en langue latine ; or, c’est précisément làla forme du motet. En cela, comme dans toute leur musique, les dé-chanteurs n’ont su que faire perpétuellement les mêmes choses.
Le mot motet avait deux significations, au moyen âge, étant à la foisle nom d’un certain morceau de musique et celui d’une des voix dudéchant. La voix qu’on appelait ténor était, en général, celle quiavait le thème du chant ecclésiastique ; cependant il y avait des ex-ceptions à cette règle. On ne peut pas dire que le ténor était la voixla plus grave, car, dans le perpétuel et fatigant croisement de par-ties de tous les déchants, il n’y avait le plus souvent ni voix grave,ni voix moyenne, ni voix supérieure ; elles étaient toutes, tour à tour,les plus hautes et les plus basses. Quoi qu’il en soit, on a l’habitudede considérer le ténor comme la voix grave du déchant ; la secondevoix s’appelait motet, la troisième, triplum, et la quatrième, quadru-plum. Le motet pouvait être à deux voix, à trois et à quatre ; commedans tous les genres de déchants, le nombre de trois voix était le plusordinaire. Le motet avait pour ténor une phrase de chant ecclésias-tique plus ou moins longue, laquelle se répétait plusieurs fois. Lapartie appelée motet était habituellement une chanson populaire ou
(i) L’Art harmonique aux XII e et XIII e siècles.