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Tome cinquième.
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HISTOIRE GÉNÉRALE

le système général de la mesure du temps musical et que de nouveauxsignes de valeur moindre que la semi-brève y avaient pris place, cequi indique évidemment que le caractère delà musique s’était trans-formé en certains points. Son mouvement avait acquis plus de vélo-cité, et divers modes de divisions des temps de la mesure parles du-rées les plus petites avaient été admis. C’est ainsi que Marcheto démontreque le temps parfait peut être divisé par six semi-brèves, par huit,par neuf, par dix, par onze et par douze; ce qui établit un systèmede proportions régulières et irrégulières qu’on verra se développerau quinzième siècle. Dans les exemples qu’il donne de ces divisions,on voit apparaître une nouvelle figure qui n’a que la moitié dedurée de la semi-brève et dont les formes sont celles-ci : j f. 11 neleur donne point de nom et ne les distingue qu’en disant qu’ellessont caudées, c’est-à-dire qu’elles ont une queue.

Une autre nouveauté de grande importance apparaît dans le Pomé-rium ard's musicæ mensurabilis de Marcheto, à savoir la rentrée de lamesure binaire dans ses droits naturels, sous le nom de temps impar-fait; appellation évidemment erronée, puisque la mesure parfaite estprécisément celle-là; mais on voit encore dans les traités de musiquedu quatorzième siècle l’influence de la sainte Trinité sur les idéesconcernant la mesure musicale (1), et le préjugé qui faisait consi-dérer la mesure ternaire comme seule parfaite ne disparaît pas avantla fin du seizième siècle.

Les nouveautés dont nous venons de parler et qu’on aperçoitpour la première fois dans l’ouvrage de Marcheto, aux dernières an-nées du treizième siècle, ne sont pas exposées par lui comme étantauparavant inconnues : il constate, au contraire, certaines différencesdans l’usage qu’en faisaient les Italiens, d’une part, et les Français del’autre ; ce qui démontre que c’est dans l’intervalle de 1260 environà 1300 qu’elles se sont établies dans le domaine de l’art. Voilàdonc la solution approximative du problème : à quelle époque a com-mencé la transformation de la musique après le régne des déchanteurs?En ce qui concerne le contre-point, Marcheto n’en ayant pas traité

(1) Numerus vero teniarius est perfectus assumptus a Trinitale, scilicet Pater, Filius et Spirilussanclus, ubi est sumraa perfectio. — Ars perfecta in musica magistri Phil. de Vitriaco % ap.Script, de musica medii ævi f ed. E. de Coussemaker, t. 111, p. 29.