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HISTOIRE GÉNÉRALE
lilité de leur emploi, par ce motif que, pour faire comprendre lesanalyses que nous en donnerions, il faudrait exposer préalablementl’ensemble du système par lequel les notes parfaites en elles-mêmespouvaient être imperfectionnées par celles dont elles étaient suivies;or, ce système ne fut complet qu’au quinzième siècle; c’est pour-quoi nous n’en ferons l’exposé que dans l’histoire de l’art à cetteépoque.
Les alternatives de modes ou de temps parfaits et imparfaits qui serencontrent dans la musique du quatorzième siècle, firent imagineralors de fixer l’attention des chanteurs sur ces mutations par unchangement de couleur dans la notation, et le rouge fut choisi pouratteindre ce but. Toutefois il ne parait pas qu’il y ait eu un systèmeuniforme pour la signification de ce changement de couleur, si l’onen juge, d’un côté, par les contradictions des auteurs qui en par-lent, de l’autre, par l’absence de clarté dans leurs explications. Phi-lippe de Vitry, qui semble être le premier qui en ait parlé (1), n’aplus, dans cette partie de son Ars nora, sa lucidité habituelle de lan-gage. 11 ne trouve rien de mieux que de citer des exemples prisdans certains motets, rondeaux et ballades qui ne sont point parve-nus jusqu’à nous. Au lieu de donner une définition précise et del’appuyer par des exemples de la notation rouge succédant à la noireou de celle-ci succédant à la rouge , il se borne à dire que les notesrouges indiquent le changement du mode et du temps 'parfait enimparfait, et que les notes noires font le contraire. Il donne aussiune autre destination aux notes rouges dont il n’est parlé que parlui seul : « elles se chantaient, dit-il, à l’octave delà place qu’ellesoccupaient (2). »
Un traité anonyme de la musique mesurée, daté de 1375, quiappartint autrefois à Roquefort (3), renferme le passage suivant :« Lorsqu’on trouve des longues noires et rouges ou noires vides, les« noires sont du mode parfait et les rouges, du mode imparfait,
comme on le voit dans cet exemple : ^
(1) Ars nova. — Denotulis rubris , cap. 1, ap. E. Du Coussemaker, Script . de musica mediiO’viy t. III, p. 21.
(2) Secundo modo apponuntur rubra, quia canitur in oclava. Ibid,, cap. 2.
(3; Ars musicœ mensuratæ , cap. 9.