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Tome cinquième.
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HISTOIRE GÉNÉRALE

Plusieurs considérations d’un assez grand intérêt résultent de cepassage dont l’autorité a pour base et le profond savoir de son auteuret l’époque où il fut écrit. Le premier point établi d’une manière in-discutable par les paroles de Tinctoris est l’improvisation du chantsur le livre, qui fut en usage dans le moyen âge et se continua long-temps après l’époque appelée la Renaissance. M. de Coussemaker anié cette improvisation dans les termes suivants : «Le déchant était-il« une harmonie écrite ou une harmonisation improvisée, appelée« plus tard chez les Français chant sur le livre, et chez les Italiens« conlrapunlo a mente?

« Les opinions se trouvent divisées sur cette question. I)oni, Baini,« M. Fétis et'quelques autres pensent que c’était une harmonie im-« provisée. Quant à nous, nous sommes d’un avis contraire; nous« pensons que le déchant était et n’a pu être qu’une harmonie écrite« et nous espérons le démontrer (1). »

Viennent ensuite les motifs sur lesquels M. de Coussemaker fondeson opinion et qu’il prend pour une démonstration : cependant quedevient tout cela en présence des faits établis par Tinctoris? Nousnommons d'une manière absolue contrepoint celui que nous faisons parimprovisation, et l’on appelle vulgairement chanter sur le livre ce quefont ceux qui l’improvisent. Et plus loin : Lorsque deux, trois, quatreou un plus grand nombre (de personnes) chantent sur un livre, aucunenest assujettie à l’autre. Il suffit à chacun des chantres de faire accorderavec le ténor ce qui concerne le mouvement et l'ordre des concordances.Voilà donc le fait historique de l’improvisation du chant sur le livrerendu inattaquable, quelle que soit d’ailleurs l’opinion qu’on aitsur l’effet harmonique qui devait en résulter.

Un sujet de plus grande importance doit fixer l’attention sur le pas-sage que nous venons de rapporter : on y découvre la cause de la mé-thode des didacticiens du moyen âge, lesquels bornent leur ensei-gnement du déchant et du contrepoint aux règles qui concernent lesrelations de deux voix seulement, n’ayant à considérer que lesmouvements du ténor, c’est-à-dire du chant sur lequel se faisait le

si concinentessirailitudinem assumptionis ordinationisque concordantiarum inter se prudentescvitaverint. Sic enim concentum eorum multo repletiorem suavioremque efficient. — Liber'de arte confrapuncti , lib. II, cap. 2t.

(1) Histoire de l'harmonie au moyen âge , p. 30.